Patrimoine - Une liste rouge des biens culturels haïtiens en péril voit le jour

Pour enrayer le trafic illicite d'objets du patrimoine culturel haïtien, fortement menacé depuis le séisme du 12 janvier dernier, le Conseil international des musées (ICOM) vient de rendre publique une liste rouge des biens culturels haïtiens en péril.

Dans un rapport rendu public la semaine dernière, l'ICOM estime que le patrimoine culturel haïtien, partiellement détruit par le tremblement de terre qui a frappé la Perle des Antilles, fait désormais l'objet d'un fort trafic illicite sur le marché international. Selon l'organisation internationale, les fouilles archéologiques clandestines, ainsi que les vols et les pillages sur les sites de musées et de galeries démolies, sont en recrudescence. L'art et l'artisanat haïtien contemporain, importants pour l'identité nationale et l'économie, n'échappent pas non plus au phénomène, en dépit des lois existantes pour protéger le patrimoine culturel.

À l'intention des policiers, des douaniers, des maisons d'enchères, des galeries et des marchands d'art en général, l'ICOM vient donc d'élaborer et de publier une liste des principaux biens culturels menacés du patrimoine haïtien pour faciliter l'identification des objets les plus exposés aux exportations illicites, fréquemment mis en vente sur le marché international de l'art et des antiquités.

Parmi les biens visés, on note tous les objets d'art précolombien, notamment les outils, céramiques et ornements en forme de coquillage. Les objets spirituels liés au culte vaudou, fabriqués à partir d'éléments naturels, et les documents historiques, notamment les cartes d'Hispaniola et les monnaies anciennes, font partie de cette liste du patrimoine en péril. Les objets et équipements liés à l'époque des plantations et de l'esclavagisme sont aussi du nombre des biens susceptibles de passer les frontières.

Selon l'ICOM, le trafic illicite, qui existait avant le séisme, découle du contexte économique difficile. Plusieurs habitants sont poussés au pillage par des trafiquants, qui trouvent de nombreux acheteurs férus d'objets précolombiens et coloniaux sur le marché international.