La Semaine de mode change son calendrier pour plus de visibilité

Andrea Praet, directrice de tendances chez Stylesight à New York, assiste pour la première fois à la Semaine de mode de Montréal.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Andrea Praet, directrice de tendances chez Stylesight à New York, assiste pour la première fois à la Semaine de mode de Montréal.

Lorsque l'on parle de mode, les yeux se tournent vers Paris, Milan, Londres ou encore New York. Et malgré toute la bonne volonté du monde, Montréal reste pratiquement anonyme pour les amateurs de mode ailleurs sur la planète.

Des signes montrent toutefois que l'intérêt pour la métropole croît. L'un d'eux est la présence de l'agence de tendances new-yorkaise Stylesight venue hier pour la première fois à l'événement. «Montréal est sous notre radar, assure Andrea Praet, directrice de tendances chez Stylesight. Nous sommes à la recherche de qui sera le prochain créateur et de quelles seront les tendances à venir.» L'agence fournit des prévisions, des rapports et des images de la mode du monde entier. Avec comme clients plus de 2000 entreprises et près de 25 000 particuliers abonnés à son site, l'entreprise fait partie des chefs de file du domaine. «Nous avons des clients à Montréal et il est important que nous soyons au courant de ce qui se passe ici», explique la spécialiste des tendances new-yorkaises.

Malgré son intérêt, la visiteuse n'a pas pu donner le nom d'un seul créateur québécois. «C'est notre premier passage et nous n'avons pas assez de temps pour tout voir, concède-t-elle. Les dates de la Semaine de mode de Montréal sont en conflit avec celles de Milan qui est un événement plus important. Il faudrait que Montréal change ses dates comme l'ont fait Miami, Los Angeles ou Moscou.»

Pour Chantal Durivage, coprésidente de Sensation Mode, le problème d'horaire était connu. «Quand nous avons repris l'événement il y a cinq ans, la Semaine de mode était à la fin du mois d'octobre, raconte-t-elle. C'était trop tard, car nous nous adressons principalement aux acheteurs. Ils avaient déjà tout vu et n'avaient plus d'argent pour les créations québécoises.» L'horaire de la Semaine a donc été changé aux dates actuelles, sans être pleinement satisfaisant. La société a donc décidé de modifier à nouveau son calendrier pour la 20e Semaine de mode de Montréal. «Au lieu d'être en mars 2011, nous allons devancer l'événement de quelques semaines pour présenter les collections en février. Notre but est de faire venir les acheteurs à Montréal avant qu'ils se rendent à New York», affirme-t-elle.

Quant au manque de connaissances de la spécialiste new-yorkaise, Chantal Durivage veut rester optimiste. «C'est un premier contact et nous allons maintenir une bonne relation de travail. Maintenant, c'est à nous de faire connaître nos créateurs et de leur donner une bonne visibilité.»