Le Fonds Quebecor dans le cinéma

Encore de la télé, et du cinéma en prime: le Fonds Quebecor, actif depuis dix ans dans le soutien de la programmation télévisuelle, lance un nouveau programme de financement dédié au cinéma et à la captation de grands événements.

L'enveloppe annuelle consacrera 1,2 million de dollars à la production cinématographique comme telle et 300 000 $ supplémentaires à la production dite événementielle, celle d'un grand concert par exemple.

Cette annonce a été faite hier à Montréal par des dirigeants du Fonds devant une centaine de professionnels de la production du Québec par les subventions alléchés.

«Le Fonds Quebecor, dans ma vie, a eu un impact déterminant, a expliqué d'entrée de jeu l'animateur Stéphan Bureau, maître de cette cérémonie. Ce n'est pas une blague. Dans le cas de Contact, une émission que j'ai beaucoup aimé produire, il n'y aurait pas eu ce que nous avons réussi à faire si le Fonds Quebecor n'avait pas accepté de nous appuyer.» L'argent lui a notamment permis de développer un site Web pour diffuser les entrevues avec des créateurs, des écrivains et des intellectuels.

Le Fonds créé en 2000 a depuis dépensé quelque 38 millions pour soutenir 116 productions totalisant des budgets de 400 millions, soit 11 % de la somme globale. Une cinquantaine de producteurs différents ont diffusé ces produits soutenus sur 27 réseaux, dont 29 % à TVA, 21 % à Radio-Canada et 19 % à Télé-Québec. Tous les genres sont représentés, de Toc Toc Toc à Star Académie, du Cercle à La Joute junior.

Une règle du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications oblige les diffuseurs par câble ou par satellite à financer la production, le contenant appuyant ainsi le contenu. Les quatre cinquièmes de l'enveloppe de Vidéotron coulent vers le Fonds canadien de la télévision. Le reste alimente le Fonds Quebecor.

Le rachat de Canal Indigo par Quebecor Media permet maintenant de créer la nouvelle enveloppe pour la captation de grands événements culturels et la production cinématographique. Dans ce cas, le Fonds Quebecor interviendra en fin de parcours pour bonifier les productions, par exemple en permettant de rajouter une scène en réalité virtuelle ou particulièrement coûteuse.

Bref, le Fonds ne remplace pas les autres sources: il les complète. «On veut permettre de faire des films, je ne dirais pas meilleurs, mais à la hauteur des attentes des créateurs», résume Serge Thibaudeau, qui dirige le Fonds.