Crise d'octobre - Un monument pour les 352 «prisonniers d'opinion»

Un monument sera érigé devant la Société Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, en hommage aux personnes innocentes emprisonnées lors de la Crise d'octobre, en 1970.

Pour souligner les 40 ans de ce moment marquant de l'histoire du Québec, la Fondation Octobre 70, cofondée en 2007 par l'un des arrêtés, René Bataille, inaugurera le 16 octobre quatre plaques d'acier où seront découpés les noms de 352 «prisonniers d'opinion» incarcérés parce que soupçonnés d'avoir des liens avec le Front de libération du Québec.

La Crise a été déclenchée au moment où ce dernier groupe indépendantiste a kidnappé le diplomate britannique James Cross et, ensuite, le ministre libéral provincial Pierre Laporte. Le premier ministre de l'époque à Ottawa, Pierre Elliot Trudeau, applique alors la Loi sur les mesures de guerre, qui met en veilleuse des libertés civiles au nom de l'ordre public.

La Fondation refuse d'oublier. «Ça a été bien pire que le [sommet du] G20, où des gens sont restés emprisonnés pendant trois jours. En octobre 1970, des gens qui n'avaient rien fait ont été détenus pendant des semaines, juste parce qu'ils étaient souverainistes», soutient le président, Germain Bataille. Il souhaite que les jeunes découvrent ce pan de l'histoire.

Plusieurs personnalités publiques ont déjà manifesté leur appui au geste de commémoration, dont l'écrivaine et militante Andrée Ferretti, emprisonnée une cinquantaine de jours lors de la Crise, et des députés du Bloc québécois et du Parti québécois. Mme Ferretti fera d'ailleurs un discours le 16 octobre, tout comme l'ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, a indiqué M. Bataille.

On estime qu'au moins 500 personnes ont été arrêtées en vertu de la Loi sur les mesures de guerre pendant la Crise d'octobre.