Histoire - Boréalis, le musée du papier à Trois-Rivières

Boréalis, un nouveau centre d'histoire sur l'industrie papetière, ouvre ses portes à Trois-Rivières. Dans l'ancienne usine de filtration des eaux de la Canadian International Paper, le musée garde les histoires, intimement liées, du papier, de la forêt et de la rivière Saint-Maurice.

La papetière Canadian International Paper (CIP) ferme ses portes en 1988. L'usine de 1920 est rachetée par la ville de Trois-Rivières, et comme le Centre d'exposition sur l'industrie des pâtes et papiers, à l'étroit, doit déménager, le projet Boréalis se trame autour du bâtiment. «On a décidé de créer un nouveau centre d'exploitation, in situ, pour sauver ce patrimoine industriel-là, explique Michel Jutras, directeur de la Corporation développement culturel de Trois-Rivières. On a gardé l'intégrité physique du bâtiment, et plusieurs sections intérieures.»

À l'époque un des plus grands moulins à papier au monde, les murs accueillent désormais l'exposition permanente de Boréalis: une «interprétation de la grande aventure du papier au Québec, explique Jutras. On axe sur la présence de l'humain, des travailleurs, de leurs histoires à eux. On trouve les témoignages d'anciens papetiers qui ont passé 40 ans de leur vie à l'usine.» S'ajoute, pour les jeunes visiteurs, une exposition temporaire, Voyage au bout du monde. Et les voûtes — l'ancien réservoir d'eau filtrée, au sous-sol — proposent un parcours des oubliés, un rallye qui présente tous les sans-noms qui ont, eux aussi, fait Trois-Rivières.

Parmi les témoignages, celui de Jean-Marc Blanchet. Entré à la CIP comme draveur à 51 ans, dans les années 1950, ce Menaud, ensuite «aide-mécanicien sur les calls» et assistant-contremaître, y a travaillé 36 ans. À sa visite de Boréalis, le retraité de 84 ans a été ému de retrouver «la petite machine à papier en démonstration, qui était à l'école de papeterie» et sur laquelle il a travaillé. La conservation de l'usine, rappelle Michel Jutras, est importante, car «c'est là que le papier d'ici gagne une réputation mondiale et que Trois-Rivières devient capitale du papier». Et notre Menaud de rappeler que «les usines de papiers, c'était les meilleures pour faire de l'argent!».