Le plateau de Putorana fait désormais partie du patrimoine mondial

La rivière de Gagar’ya sur le plateau de Putorana.<br />
Photo: UNESCO / A. Butorin La rivière de Gagar’ya sur le plateau de Putorana.

Le plateau de Putorana, un lieu unique de migration de rennes sauvages du nord de la Russie, a été inscrit hier sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Le Comité du patrimoine mondial, dont la 34e session se conclut aujourd'hui, a aussi étendu à son versant italien la protection du mont San Giorgio en Suisse.

La réserve naturelle d'État de Putorana se trouve dans la partie septentrionale de la Sibérie centrale, à une centaine de kilomètres au nord du cercle polaire. Le plateau abrite, dans une chaîne de montagnes isolée, «des systèmes de taïga, de toundra, de désert et des systèmes lacustres et fluviaux d'eau froide intacts, précise l'UNESCO dans un communiqué. Il est un lieu de migration de rennes sauvages, ce qui est un phénomène naturel exceptionnel, de grande ampleur et de plus en plus rare».

Le mont San Giorgio est une montagne boisée de forme pyramidale située à une altitude de 1096 mètres au sud du lac de Lugano, en Suisse. Le site a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 2003. L'extension de ce site du côté italien de la frontière est justifiée selon l'UNESCO par «l'importance exceptionnelle et la variété de ses gisements fossilifères du trias», période géologique la plus reculée de l'ère secondaire, il y a environ 240 millions d'années.

Bienvenue aux îles Kiribati

Ces deux sites s'ajoutent aux trois autres biens naturels inscrits au cours de cette 34e session du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui se déroule à Brasília depuis le 26 juillet. Les falaises rouges spectaculaires de Danxia de Chine et les pitons, cirques et remparts de l'île de la Réunion figurent aussi parmi les sites naturels désignés, avec l'aire protégée des îles Pheonix, de Kiribati, pays dont le patrimoine n'avait pas encore été reconnu officiellement. Une extension a de plus été accordée au parc national de Pirin en Bulgarie.

Ces derniers jours, le Comité a également inscrit ou étendu l'inscription de 16 biens culturels et mixtes à sa liste du patrimoine mondial, portant celle-ci à 911 sites reconnus au total. Le Camino Real de Tierra Adentro et les grottes préhistoriques de Yagul et Mitla au centre de la vallée d'Oaxaca, deux sites du Mexique, ainsi que la place São Francisco de São Cristovão au Brésil sont les derniers biens culturels inscrits.

L'UNESCO a auparavant étudié les sites en péril, en ajoutant trois — dont les Everglades aux États-Unis —, à la liste qui en compte désormais trente-trois. Les îles Galapagos en ont été retirées et on a recommandé un suivi renforcé de la cité inca du Machu Picchu au Pérou.

Liste illimitée?

«La liste du patrimoine mondial n'a pas de plafond, mais on discute d'un moratoire alors que le cap du 1000 [inscriptions] approche, indique au Devoir Dinu Bumbaru, président d'ICOMOS Canada, le conseil international des monuments et sites qui évalue les propositions d'inscription de sites culturels. Par contre, comme la liste actuelle est plutôt déséquilibrée eu égard aux régions et aux cultures du monde et de son histoire, il y a peu de chances que cela se produise de manière totale.»

Deux sites ont été retirés de la liste depuis sa création en 1972: le sanctuaire des oryx d'Arabie en Oman en 2007, et en 2009, la vallée de l'Elbe à Dresde en Allemagne. La décision d'Oman de réduire la zone protégée du sanctuaire de 90 % dans le premier cas, et la construction d'un pont à quatre voies dans le second, ont remis en cause la valeur universelle exceptionnelle de ces biens.

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO étudie les rapports de conservation des sites inscrits et demande aux États parties de prendre, si besoin, les mesures de conservation et de préservation nécessaires.

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Avec l'Agence France-Presse