Bêtes de cirque, talents cachés et gros canons

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Photo: Source Zoofest L’équipe des Bureaupathes

Les critiques ont été entendues et digérées. La deuxième édition du Zoofest, ce nouveau festival de découvertes, en format bilingue, qui a fait son apparition l'an dernier à Montréal, va cette année faire une large place aux spectacles francophones, assure Martin Durocher, le nouveau pilote de l'événement.

La messe, un brin marginale, de l'humour, de la comédie, du théâtre et du cabaret promet également de mettre sous la dent des festivaliers les talents de demain, tout comme des artistes internationaux établis dans leur marché «mais qui viennent ici pour se montrer à des acheteurs potentiels de spectacles», poursuit le patron du Zoofest, un ancien dépisteur de talents pour l'empire Juste pour rire, à l'origine de ce nouveau festival.

«Nous avons tiré les leçons de la première édition [dirigée par Lucy Eveleigh, qui venait d'Édimbourg, en Écosse, pour implanter ce concept à Montréal]», dit M. Durocher. Le Devoir l'a rencontré il y a quelques jours sur une terrasse de la métropole. «La proposition artistique a été resserrée. L'image devrait être plus cohérente. Zoofest, ça reste un espace de découverte, oui, mais qui ne fait pas de compromis sur la qualité.»

L'attrait des petites salles

Le programme est chargé. Il va aussi être façonné du 12 au 25 juillet prochain par des troupes comme Le Cirque des mirages, un cabaret expressionniste chanté, déniché en France, ou encore par le clown Patrick Cottet-Moine — pressenti pour devenir le premier clown dans une production du Cirque du Soleil à Los Angeles.

De la folie, Les Bureaupathes, découverts dans une petite salle de spectacle du nord-est de Montréal, ne devraient pas en manquer avec ce spectacle interactif et loufoque qui prend place dans un espace de travail. Maria Jerez, de l'Espagne, va préférer rester dans son salon pour son spectacle, présenté dos au public, qui explore, par l'entremise d'une petite caméra, l'univers du polar. Quant aux Incroyables Aventures de Thierry Ricourt, ce sont les murs du Café Cléopâtre que cette production québécoise promet de faire vibrer. Dix acteurs, en mode cabaret, s'y affrontent en se frottant au fini rétro des séries télévisées cultes. En gros.

Comme pour sa première mouture, Zoofest va aussi chercher à mettre la vedette ascendante à portée de festivalier. Pour le simple plaisir de la chose et celle des artistes «qui acceptent de venir à Montréal dans de petites salles, parce qu'ils aiment la ville et qu'ils veulent se faire voir ici», dit M. Durocher.

C'est le cas de Bo Burnham, cet Américain dans la vingtaine qui s'est fait connaître dans l'univers de l'humour absurde en passant par YouTube. Il est à l'affiche du théâtre Sainte-Catherine, désormais sous nouvelle administration. Jim Jefferies, Australien de son état et alcoolique qui fait du prosélytisme — son spectacle s'intitule Alcoholocaust —, est aussi du nombre, tout comme le Britannique Kim Noble, qui remplit facilement les salles de Londres et d'Édimbourg depuis des années avec un spectacle décapant sur le sens de la vie, présenté aux plus de 18 ans seulement. Il sera ici dans l'intimité du théâtre La Chapelle.

«Zoofest, c'est aussi ça, résume Martin Durocher. Nous voulons que les festivaliers assistent à des spectacles intimistes ici pour pouvoir dire, dans deux ou trois ans, quand l'artiste sur scène aura grimpé: j'étais là!» Il y a aussi le risque de ne pas toujours miser sur le bon cheval, mais dans le champ de la découverte, ça fait aussi partie de l'aventure!