Le Cirque Éloize flirte avec l’urbanité

Acrobate à vélo, costumes inspirés de mangas japonaises, baskets et dreadlocks, I.D. carbure au rock, au risque et à l’adrénaline.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Acrobate à vélo, costumes inspirés de mangas japonaises, baskets et dreadlocks, I.D. carbure au rock, au risque et à l’adrénaline.

Début tonitruant pour le tout nouveau festival Montréal complètement cirque avec une création urbaine du cirque Éloize fleurant le bitume et le monoxyde de carbone. Jeudi, la troupe québécoise cassera la glace avec I.D., une œuvre éclatée qui rompt avec le passé poétique et éthéré de ses précédentes créations.

En grande première nord-américaine, Éloize donnera le coup d’envoi au dernier-né des festivals montréalais en dévoilant sa nouvelle identité, créée l’an dernier pour partir à la conquête de l’Asie.

L’œuvre, en totale rupture de ton avec Nomade (2002), Rain (2004) et Nebbia (2007), mis en scène par Daniele Finzi Pasca, a été présentée pendant trois mois en 2009 à Incheon, en Corée. Retravaillé depuis, et bonifié de plusieurs numéros, le nouvel objet circassien est une ode à l’urbanité, où le cirque se fond au hip-hop et au break dance, avec graffitis et macadam en toile de fond.

Retour donc au cirque à la puissance dix pour Éloize. La bulle poétique de la dernière décennie s’est bel et bien envolée. «C’est un spectacle basé sur l’énergie et sur le rythme. On n’est pas du tout dans un mode narratif. On revient plutôt à l’idée première du cirque en mettant à l’avant-plan le risque, le défi, le spectaculaire. La rencontre avec Daniele Finzi Pasca a été fabuleuse, mais on avait envie d’aller vers autre chose», a soutenu cette semaine Jeannot Painchaud, codirecteur d’Éloize et metteur en scène d’I.D.

Bêtes urbaines

Pour façonner cette nouvelle bête, Éloize a recruté 16 artistes à travers le monde, dont cinq experts de danses urbaines qui mélangent le hip-hop, le break et le popping aux décibels et aux rifts bien sentis de pièces composées par Jean-Phi Goncalves (Beast) et Alex McMahon. La danse est partout, les corps exultent et la performance mène le bal.

Lors d’une présentation faite aux médias la semaine dernière, on a pu goûter aux pirouettes de Philippe Thibaut, un acrobate à vélo qui manie le guidon sur à peu près n’importe quelle surface. L’expert du «vélo trial» réussit même l’exploit d’escalader le mur de fond de scène à coup de pédales. Central dans la scénographie, ce mur mobile, façonné de blocs escamotables, devient l’élément central de plusieurs segments du spectacle, notamment d’un numéro de trampoline au mur (trampomur).

Avec ses costumes inspirés de mangas japonais, ses acrobates portant baskets et dreadlocks, I.D. carbure au rock, au risque et à l’adrénaline. Même si la danse reste tout du long à l’avant-scène, toute une série de numéros s’élancent sur le bitume imaginaire, passant de l’équilibre, à la jonglerie, à la corde à danser, au cerceau aérien, à la roue Cyr, à l’équilibre sur chaise et au trampomur.

La rencontre entre un b-boy et une contorsionniste donne lieu à une singulière danse en couple. Inusité pas de deux aussi entre un expert du free ride en patins à roues alignés et une acrobate perchée dans son cerceau aérien. Habités par le multimédia, les projections et les décors d’I.D. portent la griffe esthétique du scénographe Robert Massicotte et du concepteur d’éclairages Nicolas Descôteaux.

Jeannot Painchaud, dont la troupe vient de signer une alliance stratégique avec le Cirque du Soleil, croit que le public accrochera à cette nouvelle image d’Éloize beaucoup plus collée à l’essence même du cirque. «C’est une proposition artistique complètement différente de ce qu’on a fait auparavant, qui touchera un public plus jeune», affirme-t-il.

Pour une rare fois, la troupe, habituée à jouer en salle depuis 18 ans, se présentera sous chapiteau jusqu’au 25 juillet dans le Vieux-Port, tout à côté de la toile bleu et jaune de son nouveau grand frère. 


Extraits du spectacle  (vidéo de promotion)