Après un périple d'un siècle et demi - Une lettre de Descartes restituée à la France

Paris — Une lettre du philosophe français René Descartes, volée à Paris au XIXe siècle, a été restituée hier à l'Institut de France par l'université américaine de Haverford en Pennsylvannie, lors d'une cérémonie officielle marquant la fin d'un long périple.

Manuscrit de quatre pages, la lettre datée du 27 mai 1641 fut écrite et expédiée du château d'Endegeest, près de Leyde, en Hollande. Son destinataire, le père Mersenne, était comme Descartes philosophe et mathématicien.

La lettre éclaircit les conditions de la publication des Méditations métaphysiques dont Mersenne s'occupait à Paris. À la fin de la missive, Descartes demande à Mersenne de retirer trois textes des Méditations, ouvrage majeur paru en août 1641.

«Vous nous consolez du mauvais souvenir que le comte Libri a laissé dans nos murs», a déclaré Gabriel de Broglie, chancelier de l'Institut de France, qui a reçu la précieuse missive des mains du président de l'université américaine, Stephen Emerson.

Le comte italien Guglielmo Libri était inspecteur des manuscrits pour les bibliothèques publiques. Cet homme au-dessus de tout soupçon a dérobé 72 lettres de René Descartes à l'Institut de France. Parmi les documents dérobés se trouve la fameuse lettre restituée à la France.

En 1850, le comte Libri est condamné par contumace pour ses larcins. Exilé en Angleterre, il vend la lettre à un libraire.

Plus tard, Charles Roberts, ancien élève du Haverford College et grand amateur d'ouvrages originaux, acquiert la missive sans savoir qu'elle a été volée. À sa mort, sa veuve en fait don à l'établissement où M. Roberts avait étudié.

Un siècle plus tard, en janvier 2010, à des milliers de kilomètres de la Pennsylvanie, Erik-Jan Bos, chercheur à l'université d'Utrecht aux Pays-Bas et spécialiste de Descartes, retrouve la trace de cette lettre inconnue du monde universitaire en faisant une recherche sur Internet.

«Cette lettre avait disparu et personne ne savait de quoi elle parlait», a expliqué Erik-Jan Bos.

«La décision de remettre la lettre a été instantanée», a expliqué Stephen Emerson.
1 commentaire
  • Frédéric Jeanbart - Inscrit 18 juin 2011 13 h 17

    Bonne nouvelle... Pour les français.

    Mais ici chez nous, pour notre "bon" gouvernement Charest, de tels documents historoiques sont indignes de rester entre nos mains, on va même jusqu'à laisser des bandits en profiter au lieu de demander leur restitution! Mince, au moiuns les français (tout comme les anglais britanniques) forment une Nation qui se tient et qui est logique avec sa propre existence!...