Ouverture du 11e Marché de la poésie - À la rencontre de Louise Warren

Louise Warren publiait ce printemps Attachements. Observation d'une bibliothèque, aux éditions de l'Hexagone, où elle partageait avec le lecteur, cet inconnu, son expérience des livres et de la lecture.

À partir d'aujourd'hui, elle est également invitée d'honneur du 11e Marché de la poésie de Montréal, qui donne son coup d'envoi ce matin avec le dévoilement d'une plaque en l'honneur de Gaston Miron, sur la rue Saint-André, et avec une séance de lecture de poésie pour les tout-petits avec Jennifer Couelle, à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal. Ce samedi, le Marché tiendra une nouvelle Nuit de la poésie, qui débutera à 21h au Cabaret du Musée Juste pour rire du boulevard Saint-Laurent.

«J'ai toujours été à l'aise avec la poésie, dit Louise Warren en entrevue. On dirait que c'est écrit pour moi. Je suis une parfaite lectrice de poésie. Je me laisse facilement imprégner, parce que je ne crains pas l'énigme, ce que je ne comprends pas, ce que je ne connais pas.»

Le lendemain de la Nuit de la poésie du Marché, Louise Warren a organisé un événement pour célébrer le centenaire du premier recueil de poésie québécoise écrit par une femme. Il s'agit de Fleurs sauvages, de Léonise Valois, publié aux éditions Beauchemin en 1910. C'est une oeuvre que Louise Warren connaît bien, puisqu'elle a consacré un essai à Léonise Valois, dont elle est aussi l'arrière-petite-nièce. Léonise Valois était aussi journaliste, signant des textes dans Le Monde illustré, où Nelligan a aussi publié des poèmes, et dans La Terre de chez nous. Elle prenait, explique Louise Warren, position sur le droit des femmes de toucher un héritage, et n'avait pas peur d'utiliser le mot «féminisme». Quant au mot «poète», elle aimait aussi l'utiliser pour se désigner, elle qui s'était mis sa famille à dos en publiant son premier recueil.

«Il fallait que les femmes soient plus réservées», explique-t-elle. Écrire, et surtout publier signifiait, à l'inverse, attirer l'attention, exposer ses sentiments...

Dans son essai Attachements. Observation d'une bibliothèque, Louise Warren raconte sa fréquentation de différents poètes, d'ici et d'ailleurs, de Fernand Ouellette à Antonio Porcha, en passant par Jean-Paul Daoust ou Fabienne Courtade. Elle cite aussi un essai de Jacques Dupin, Éclisse, dans lequel il est beaucoup question de poésie. «La poésie n'a aucun besoin d'être vendable, d'être lisible. Elle se contente de peu, et de moins encore. Elle vit de rien. [...] Pourtant, elle s'adresse à quelqu'un. À un lecteur inconnu. À l'inconnu de tout lecteur», écrit-il.

Ce lecteur, encore inconnu, est donc convié au Marché de la poésie jusqu'à dimanche.

***

www.maisondelapoesie.qc.ca