Vol de cinq tableaux, dont un Picasso et un Matisse, dans un musée à Paris

Cinq toiles de maîtres, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, ont été volées au Musée national d’art moderne de la ville de Paris dans le XVIe arrondissement. Un dysfonctionnement du système d’alarme avait été signalé fin mars dans une partie des salles du musée, selon la mairie de Paris.
Photo: Agence Reuters Benoit Tessier Cinq toiles de maîtres, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, ont été volées au Musée national d’art moderne de la ville de Paris dans le XVIe arrondissement. Un dysfonctionnement du système d’alarme avait été signalé fin mars dans une partie des salles du musée, selon la mairie de Paris.

Paris — Cinq tableaux de maîtres, dont un Matisse et un Picasso, estimés par la mairie de Paris à quelque 100 millions d'euros, ont été volés dans la nuit de mercredi à hier au Musée d'art moderne de la ville, lors d'un casse qui relance la question de la sécurité dans les musées français.

Une première évaluation, de source judiciaire et de sources proches de l'enquête, avait fait état d'un préjudice de 500 millions d'euros, montant ramené par la suite par la marie de Paris à une fourchette de 90 à 100 millions d'euros.

Les toiles de Pablo Picasso (Pigeon aux petits pois), d'Henri Matisse (La Pastorale), de Georges Braque (L'Olivier près de l'Estaque), de Fernand Léger (Nature morte, chandeliers) et d'Amedeo Modigliani (La Femme à l'éventail) ont disparu.

L'absence des tableaux a été constatée vers 4h50 GMT, avant l'ouverture des portes du musée, situé dans le XVIe arrondissement de Paris. Les responsables ont constaté qu'une fenêtre du musée avait été brisée et un cadenas, cisaillé. Un enregistrement des caméras de surveillance du musée a révélé qu'une personne s'était introduite dans l'établissement par une fenêtre.

Des spécialistes de la police scientifique et technique ont relevé des indices sur la vitre fracturée. Ils ont également soigneusement emballé des cadres de tableaux vides, ce qui laisse supposer que les voleurs ont découpé les toiles avant de les emporter.

Selon des sources proches de l'enquête, «une série de dysfonctionnements» (défauts d'alarme et de surveillance), qui nécessitent des investigations supplémentaires, ont été mis au jour. La police s'est inquiétée à plusieurs reprises du manque de protection des musées français.

Parmi les plus récents vols de tableaux en France figurent Les Choristes d'Edgar Degas, volé en décembre dernier au musée Cantini de Marseille, estimé à 800 000 euros.

En juin dernier, un carnet de dessins signés Picasso, estimé entre trois et huit millions d'euros, avait été dérobé au musée Picasso à Paris, pendant des travaux de rénovation.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est déclaré «particulièrement attristé et choqué de ce vol, une atteinte intolérable au patrimoine culturel universel de Paris».

Sitôt le vol connu, le signalement et la photo des tableaux ont été diffusés, comme l'exigent les procédures en la matière, sur toutes les bases de données policières existantes dans le monde, via Interpol.

L'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), service de police judiciaire spécialisé depuis 1975 dans ce domaine, alimente une base de données, baptisée Treima (Thesaurus de recherche électronique et d'imagerie en matière artistique), qui recense quelque 80 000 images d'oeuvres d'art disparues.

Interpol, de son côté, tient une base identique recensant environ 26 000 images des «oeuvres d'art les plus recherchées dans le monde».

Comme c'est le cas à chaque vol d'oeuvres d'art de grande valeur, les policiers vont s'intéresser à plusieurs pistes, comme celle du vol au profit d'un très riche collectionneur ou celle d'un chantage à l'assurance (argent contre restitution des toiles).

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris, ouvert en 1961, abrite plus de 8000 oeuvres illustrant les divers courants de l'art du XXe siècle (fauvisme, cubisme, nouveau réalisme).