Église et orgue du Très-Saint-Nom-de-Jésus - La ministre St-Pierre refuse de débloquer des fonds d'urgence ou d'empêcher la vente à des acheteurs étrangers

Malgré l'avis exprimé par plusieurs experts, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, refuse de débloquer des fonds d'urgence pour sauvegarder l'église et l'orgue du Très-Saint-Nom-de-Jésus, ou d'intervenir pour empêcher la vente de cet instrument majestueux à des étrangers.

Invitée depuis plusieurs jours à préciser ses intentions quant à la mise en vente imminente de l'église et de son orgue patrimonial, la ministre a plutôt lancé la pierre hier aux élus municipaux, qu'elle accuse de n'avoir pas fait leurs devoirs.

«Tout ce monde n'a jamais invité le ministère à siéger au comité [de sauvegarde]. Et il n'y a jamais eu de projets déposés au ministère. M. Ménard n'a jamais demandé à faire citer le bâtiment par la Ville. Il n'a pas fait sa job», a-t-elle soutenu hier en entrevue, d'avis qu'il revient au milieu et non à la ministre de trouver une nouvelle vocation pour le bâtiment.

Malgré les demandes pressantes faites lundi dernier par le comité de sauvegarde de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, la ministre n'a pas du tout l'intention de consentir les fonds d'urgence de 500 000 $ réclamés pour consolider la façade et protéger l'orgue le temps qu'une nouvelle vocation à l'ancien lieu de culte, fermé il y a un an, soit trouvée. «Nous sommes dans une situation financière extrêmement sérieuse et je n'ai pas d'argent», a insisté la ministre hier.

Selon cette dernière, seule une demande de citation à la Ville de Montréal permettrait d'avoir accès aux subventions du fonds du patrimoine culturel, soit 25 % du montant nécessaire pour retaper en partie le bâtiment.

Quant au classement de l'église et de son orgue par le ministère de la Culture, la ministre St-Pierre n'y songe pas. «Ce que le ministère nous dit, c'est que c'est un orgue auquel on ne peut attribuer une valeur patrimoniale», a-t-elle tranché, reprenant l'opinion exprimée lundi par un fonctionnaire de son ministère.

La ministre n'entend pas non plus s'opposer à la vente de l'orgue à des acheteurs étrangers, ni à récupérer les 650 000 $ en fonds publics investis dans la restauration de l'instrument à la fin des années 1990. À son avis, l'archevêché de Montréal a respecté toutes les conditions exigées par la loi, à savoir maintenir les lieux ouverts pour le culte pendant au moins cinq ans après le versement des subventions.

Invité à réagir à ces propos, le maire de l'arrondissement d'Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, est sorti de ses gonds. «Je suis étonné de l'ignorance crasse de la ministre par rapport à ses responsabilités face au patrimoine. Ce n'est pas à l'arrondissement de classer des églises. Tout ça relève de l'Assemblée nationale», a rétorqué M. Ménard, exaspéré du discours tenu par le ministère dans ce dossier.

Même si les autorités religieuses avaient pu prendre l'initiative de réclamer le classement du bâtiment ou de l'orgue, Réal Ménard estime que cela ne change rien au fond du problème. «Le problème, c'est la préservation à court terme du bâtiment et de l'orgue, et pour ça, il faut des fonds que l'arrondissement n'a pas», dit-il.

Le maire d'arrondissement précise que la ministre a été mise au courant par lettre des problèmes posés par la mise en vente de l'église et qu'un fonctionnaire du ministère de la Culture a assisté à des séances de travail sur la revalorisation du Très-Saint-Nom-de-Jésus. «Personne ne va baisser les bras. Nous n'accepterons pas que le gouvernement ne contribue pas à la sauvegarde de ce patrimoine. Si elle pense que le temps va apaiser les choses, la ministre se trompe», a conclu M. Ménard.
 
9 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 20 mai 2010 08 h 34

    St-Pierre

    Dans l'édition papier du Devoir, le titre dit: «Orgue du Très-Saint-Nom-de-Jésus, St-Pierre refuse de débloquer les fonds».
    Il n'y a que Le Devoir qui donne dans cet humour subtil; ça fait ma journée, merci.

  • Sanzalure - Inscrit 20 mai 2010 08 h 33

    Gouvernement incompétent et menteur

    Il semble qu'à chaque fois qu'un membre du gouvernement de Monsieur Charest prend la parole, c'est pour dire des menteries ou des sottises.

    Si la population a les moyens de gaspiller plusieurs millions pour une seule soirée du hockey, elle a aussi les moyens d'investir quelques centaines de milliers de dollars pour préserver son patrimoine.

    Les églises ne seront plus des lieux de cultes, mais deviendront des lieux de rencontre, à mesure que les populations réinventent la vie dans un monde post-religieux et que les architectes réorganiseront ces lieux pour un usage plus laïque et comunautaire.

    Cela peut prendre quelques générations et les gouvernements doivent simplement prendre leur mal en patience et assumer les frais entretemps.

    Serge Grenier

  • Jean Peupu - Inscrit 20 mai 2010 09 h 14

    avec les accomodements

    Mme St- Pierre devrait enlever de son nom saint.par les temps qui court, car personne n’a ce parti en odeur de sainteté Mais en revenant a nos moutons dame Pierre semble frustré au plus haut point et c est ce qui lui a fait prendre sa décision. Alors que fait-elle la comme ministre de la Culture elle devrait démissionner si elle n’est pas capable de mettre de coté ses frustrations et de prendre des décisions pour la communauté dans ce gouvernement de clown ou l on dépense sans vergogne pour des chose inutiles et pour les amis et lorsqu’il y a des chose valable on devient des vierges offensées de la dépenses.
    Honte aux liberaux

  • Michel Simard - Inscrit 20 mai 2010 09 h 17

    Gouvernement qui dilapide le capital québécois

    Ce gouvernement est décidément très peu clairvoyant et Christine St-Pierre n'a aucunement l'étoffe d'être ministre de la Culture.

  • Paul Corbeil, Québec et Labrador - Inscrit 20 mai 2010 12 h 15

    Ce n'est pas à l'état de financer les églises!

    Que le Parti Libéral du Québec via son gouvernement se retire définitivement de la religion catholique romaine, ce n’est pas à l’état et ca n’a jamais été à l’état de financer tous les édifices religieux et qui sont vides et vendu de plus en plus à l’entreprises privées et avec profits pécu nier!