Décès du pianiste de jazz américain Hank Jones

Le pianiste de jazz américain Hank Jones, qui a côtoyé pendant sa carrière les plus grands noms de la musique américaine, est décédé à l'âge de 91 ans dimanche à New York des suites d'une brève maladie, a annoncé hier son imprésario Jean-Pierre Leduc.

Jones, qui était le frère d'Elvin Jones, batteur historique de John Coltrane, et du trompettiste et arrangeur Thad Jones, tous deux décédés, est mort à l'hôpital. Il souffrait d'un cancer de la prostate, mais ce n'était pas la cause principale de son décès, a précisé M. Leduc, qui vit à Montréal.

Il était resté très actif malgré son grand âge, donnant plusieurs concerts en Europe en 2009, à Vienne, à La Villette à Paris, à Genève, en République tchèque et à Istanbul notamment, a souligné M. Leduc, qui l'a vu «serein et souriant», samedi à l'hôpital. Il était souffrant depuis mars dernier.

Né dans le Mississippi, dans le sud des États-Unis, en 1918, Hank Jones grandit près de Detroit (Michigan, nord) où sa famille s'installe alors qu'il n'a que quelques mois. Son père, ouvrier dans une usine automobile, est aussi très actif dans la communauté religieuse baptiste et ses dix enfants apprendront le piano.

«De ce point de vue, comme la plupart des pianistes afro-américains, ma formation et mon apprentissage sont d'un classicisme absolu», dira-t-il dans une interview au Monde en juillet 2009.

Hank Jones se produit dans des boîtes de jazz de Detroit dès l'âge de 15 ans. Au cours de sa carrière, il jouera aux côtés des plus grands, comme les saxophonistes Charlie Parker, Coleman Hawkins ou plus récemment Joe Lovano, mais aussi les chanteurs Louis Armstrong, Frank Sinatra, Ella Fitzgerald ou le pianiste Brad Mehldau. Il fera aussi partie des formations d'Andy Kirk et de Billy Eckstine.

«Il faut se remettre en cause à chaque instant, c'est à ce prix que l'on connaît l'indispensable sérénité de l'improvisation», disait-il dans la même interview au Monde, avouant ne pas aimer les termes de «jazz» ou de «be-bop».