À cinq ans, BAnQ demeure au coeur de la révolution numérique

Gérald Tremblay, Guy Berthiaume, Christine St-Pierre et Jean Charest étaient de la célébration du cinquième anniversaire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, hier à Montréal.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Gérald Tremblay, Guy Berthiaume, Christine St-Pierre et Jean Charest étaient de la célébration du cinquième anniversaire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, hier à Montréal.

Cela fait cinq ans qu'elle existe et elle dépasse depuis son ouverture toutes les prévisions de fréquentation. La Grande Bibliothèque, comme l'appellent ses usagers, serait en effet la bibliothèque la plus fréquentée de la francophonie et peut-être même du monde, selon son nouveau p.-d.g., Guy Berthiaume.

«La plus fréquentée sur un seul site», précise-t-il cependant. La Grande Bibliothèque, donc, célébrait en effet hier son cinquième anniversaire, en compagnie de plusieurs invités de marque, dont le premier ministre du Québec, Jean Charest, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Guy Berthiaume, le président-directeur général de BAnQ (pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec), qui a pris le relais de sa fondatrice, Lise Bissonnette, il y a une dizaine de mois, se disait hier tout à fait ravi de prendre le gouvernail d'une telle institution à une époque où la définition même du livre, ou tout au moins de son support, est en pleine remise en question.

En entrevue, il se réjouit au contraire de cette révolution. Alors qu'elle reçoit trois millions d'usagers en personne par année, et qu'on en prévoyait la moitié au moment de sa conception, Bibliothèque et Archives nationales du Québec rejoint aussi cinq millions de clients par année par Internet. En ce sens, elle remplit plus que jamais sa mission de démocratisation de la culture, précise M. Berthiaume. Elle a permis aussi au Québec d'atteindre le taux moyen de livre de bibliothèque par habitant qu'on observait jusque-là dans l'ensemble du Canada, ajoute-t-il.

L'histoire de la lecture

Nullement effrayé du développement tous azimuts de nouvelles technologies, Guy Berthiaume s'en réjouit. Lui qui a un diplôme de troisième cycle en histoire grecque a conscience que l'humanité écrivait sur de la pierre avant d'utiliser le papyrus, puis sur la peau de veau dont on a tiré le vélin, puis sur le papier et enfin avec l'aide de l'imprimerie. Il conclut donc que le support n'est finalement pas si important que cela dans l'histoire de la lecture. Tout en étant partie prenante de la course à l'information virtuelle, la Grande Bibliothèque conserve d'ailleurs un exemplaire de chaque livre papier publié au Québec, entre autres par le biais du dépôt légal. Pour l'instant, cela demeure le support le mieux adapté à l'archivage, dit-il.

Mais de nouvelles ententes et de nouvelles façons de fonctionner devraient bientôt voir le jour. Un usager désirant consulter un livre sera bientôt relayé directement à une librairie virtuelle, qui détiendra un exemplaire numérique du livre demandé. BAnQ acquittera alors ce droit d'emprunt directement à la librairie.

Née en pleine mouvance technologique, BAnQ n'est pas dépassée par ces changements, dit donc M. Berthiaume. Et à ceux qui ont douté, au moment de sa conception, de la pertinence de bâtir un édifice aussi grand dans un tel contexte de numérisation, il répond que BAnQ manque déjà d'espace, tant pour accueillir son monde que pour accueillir ses livres.