Une maison des musiques nouvelles s'installe dans l'édifice Saint-Sulpice

Fini, le suspense entourant la vocation de l'édifice Saint-Sulpice, au coeur du Quartier latin de Montréal. Le Devoir a appris qu'une maison des musiques nouvelles y verra le jour, sous le chapeau du groupe Le Vivier. La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCQ) doit en faire l'annonce aujourd'hui.

Le Vivier, association regroupant 22 organismes et ensembles musicaux, se cherche un toit depuis quelques années, et surtout, une salle de diffusion adaptée aux besoins des musiques actuelles et contemporaines. Le groupe compte notamment dans ses rangs la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ), les Productions SuperMusique (PSM), le Centre de musique canadienne au Québec, le Nouvel Ensemble moderne (NEM) et le Réseau des arts médiatiques (RAM).

Selon une étude d'impact réalisée l'été dernier par le groupe, «l'absence d'un lieu dédié aux musiques nouvelles est une des faiblesses "structurelles" du milieu, qui freine son épanouissement». L'avènement d'un tel lieu est perçu par plusieurs organismes comme «LA solution», peut-on y lire. Les critères généraux du site recherché ou à construire incluent l'«accessibilité», l'«environnement culturel achalandé» et «avoir pignon sur rue». La majorité des membres du Vivier visaient une jauge de 250 places pour la salle de diffusion. Ceux-ci avaient même entamé des pourparlers avec un promoteur immobilier déjà actif dans le Quartier des spectacles, secteur privilégié par le groupe.

Reste à savoir comment Le Vivier investira l'édifice Saint-Sulpice, classé monument historique en 1988. Si celui-ci répond aux différentes fonctions visées par le groupe (espaces publics, administratifs, documentaires, création/diffusion), ses qualités architecturales et patrimoniales (verreries, salle de lecture, rayons d'archivage) limitent les aménagements. Mais son auditorium de 400 places au sous-sol et son terrain vacant à l'arrière peuvent être réaménagés.

Dessiné par l'architecte Eugène Payette et construit en 1915 à l'instigation des prêtres sulpiciens, l'édifice style beaux-arts a toujours joué le rôle d'un ensemble culturel au coeur de la vie intellectuelle francophone. Après la bibliothèque sulpicienne, la Bibliothèque nationale du Québec y a logé jusqu'à son déménagement rue Berri, en 2005. La bâtisse passait alors aux mains de l'Université du Québec à Montréal, qui la remettait en vente deux ans plus tard. Le MCCCQ a utilisé son droit de premier acheteur pour lui redonner son caractère public fin 2007 et lançait un appel de propositions au printemps suivant.

Le projet de doter Montréal d'une maison permanente et publique consacrée aux musiques actuelle et contemporaine remonte à 1992, avec la fondation de la maison Maryvonne Kendergi, dont la mission n'a pas abouti. En 2000, le NEM, le RAM et les PSM se regroupent en vue d'acquérir le Pavillon Mont-Royal, mais l'édifice leur échappe. Le projet renaît en 2007 avec la création du Vivier.