Centre culturel canadien à Paris : L'exposition de Rabagliati obtient un franc succès

Paris — Une exposition qui est un beau succès au Centre culturel canadien à Paris, des ventes qui dépassent déjà les espérances et des médias qui tendent l'oreille: les premiers pas en France de Paul, le héros de la bande dessinée de Michel Rabagliati, se révèlent très prometteurs.

Le prix du public (Fauve Fnac-SNCF) qu'il a remporté en janvier au festival d'Angoulême a donné à Paul à Québec une visibilité considérable. L'album a eu droit dans la foulée à une vraie sortie le mois dernier, alors que les cinq tomes précédents n'avaient connu en France qu'une distribution confidentielle. Résultat: environ 2000 exemplaires vendus en moins de trois semaines. C'est plus que prévu. Le vaste réseau de la Fnac, le géant du loisir culturel qui distribue Paul en exclusivité, a frôlé la rupture de stock, indique-t-on.

Venu faire la promotion de son oeuvre, Michel Rabagliati a assisté en personne fin mars à l'inauguration de Paul à Paris, l'exposition que lui consacre le Centre culturel canadien, à deux pas des Invalides. Les visiteurs peuvent y découvrir une cinquantaine de planches originales, principalement issues de Paul à Québec. L'exposition, la première du genre pour Rabagliati, remporte un succès inattendu, lui aussi. Elle devait se terminer fin avril: elle se prolongera jusqu'à la mi-mai.

«Les visiteurs sont encore plus nombreux qu'on le prévoyait, se réjouit la directrice du centre, Louise Blais. Le succès est tel que l'on a décidé de prolonger l'exposition, qui va aussi tourner en province à l'automne, avec le soutien de la Fnac et de la SNCF [Société nationale des chemins de fer].»

Un début

Voilà donc Michel Rabagliati et son personnage lancés à la conquête de la France. L'aventure n'en est qu'à ses débuts, mais elle commence bien. On est en droit de penser que la France pourrait tomber à son tour sous le charme de Paul, que le journal Le Figaro a présenté comme le «Tintin québécois».

Sur son site Internet, l'influent magazine Télérama n'a eu que des bons mots, pour sa part, pour la «ligne claire, souple et vivante» de Rabagliati, qui «fait preuve d'un sens du détail épatant pour croquer la vie au Québec, sans en accentuer le côté folklorique».

«Il rend ainsi son propos universel», a conclu l'hebdomadaire.