Disparition du Conseil canadien du statut de l'artiste - Les associations qui représentent les artistes s'inquiètent

Les artistes en arts visuels sont préoccupés par la disparition du Conseil canadien du statut de l'artiste (CCSA). Ils estiment qu'une telle entité consultative aurait un rôle à jouer à l'heure où la moitié d'entre eux gagnent moins de 8000 $ par année (selon les données de 2006).

«Ce comité a été très actif, il a participé à tous les travaux qui ont mené à la Loi sur le statut de l'artiste, explique Melissa Gruber du Canadian Artists' Representation/Front des artistes canadiens (CARFAC). On pouvait travailler avec lui dans un rôle d'avis au gouvernement.» Un rôle que la communauté d'artistes aimerait bien retrouver, à l'heure où on coupe des programmes souvent sans consulter le milieu.

Le Conseil du trésor dévoilait lundi la liste des 245 postes abolis dans la foulée des compressions annoncées par le budget fédéral. Les 12 sièges du CCSA en faisaient partie. Le hic, c'est que ces sièges n'ont pas été pourvus depuis 1996... Comment justifier la pertinence d'un organe qui n'existe que virtuellement depuis 16 ans?

«C'est un outil d'influence sur le gouvernement dont on s'est privé, directement lié à la fonction de la Loi qui est de protéger les artistes et de les aider à développer de meilleures conditions socio-économiques, estime Christian Bédard, directeur général du Regroupement des artistes en arts visuels (RAAV), vis-à-vis québécois du

CARFAC. Avec la réduction de ces conditions depuis quelques années, surtout en arts visuels, on constate que ce comité serait extrêmement utile s'il pouvait reprendre ses activités.»

Le CCSA est inscrit dans la Loi sur le statut de l'artiste de 1992. En vertu de celle-ci, il a été créé afin de faire respecter les droits des artistes, des associations et des producteurs. L'autre préoccupation du milieu des arts visuels concerne l'éventuelle modification de la Loi, puisque le CCSA en fait partie.

«Est-ce que la Loi va être modifiée? demande M. Bédard. Si oui, il faudrait en être avisé parce que les associations d'artistes créées en vertu de cette loi ont leur mot à dire.»

Le RAAV ne croit pas qu'un autre organisme existant pourrait prendre le relais du CCSA. La Conférence canadienne des arts par exemple ne porte pas la seule voix des artistes puisque des organismes, producteurs et diffuseurs y siègent.

Le RAAV et le CARFAC reconnaissent toutefois que le CCSA gagnerait à être transformé pour servir de «table de concertation» entre les diverses associations d'artistes accréditées en vertu de la loi fédérale. «Ce serait le seul forum où on parlerait d'une seule voix des conditions socio-économiques des artistes, quelle que soit leur discipline», dit M. Bédard.

Jusqu'ici, depuis la mise en veille du CCSA, chacune des associations d'artistes a porté ses revendications directement auprès du gouvernement.