Eva Tanguay, première rock star?

La jeune Eva Tanguay a fait ses premiers pas sur scène à huit ans. À 10 ans, elle est engagée par la Redding-Stanton Company et tournera cinq ans avec cette même compagnie à travers les États-Unis.
Photo: Musée de Dudswell La jeune Eva Tanguay a fait ses premiers pas sur scène à huit ans. À 10 ans, elle est engagée par la Redding-Stanton Company et tournera cinq ans avec cette même compagnie à travers les États-Unis.

Anachronisme sur deux pattes, Eva Tanguay avait, à l'ère des corsets et des coiffes à plumes, le chien et la dégaine propres à une rock star.

C'est du moins ce qu'affirme le journaliste et auteur Jody Rosen, spécialiste de musique, collaborateur au New York Times et chroniqueur au magazine en ligne Slate. En fait, Tanguay, Québécoise de souche, serait ni plus ni moins que la première réelle rock star de l'histoire américaine, estime-t-il.

«Elle n'était pas seulement la femme la plus en vue du vaudeville. Elle était la première musicienne populaire à atteindre la célébrité par le truchement des médias de masse», a écrit Rosen dans une chronique publiée l'an dernier dans Slate.

Non seulement Eva Tanguay fut-elle la première chanteuse à effectuer des tournées solos à travers l'Amérique, mais, à la manière des vedettes du rock, sa personne tout entière était un pied de nez au puritanisme ambiant. Elle vendait des billets à la tonne, carburait au contact de la foule et des médias. Seulement dans le New York Times, plus de 500 articles ont été publiés sur elle au cours de sa carrière, sans compter les centaines d'autres écrits de la presse plus populaire.

Jody Rosen, auteur de White Christmas: The Story of an American Song, estime que, si Eva Tanguay a été boudée par les historiens de la musique, c'est que les artistes de vaudeville étaient considérés comme des comédiens plutôt que comme des musiciens. À son avis, sa chanson emblématique I Don't Care devrait figurer au panthéon de la musique populaire américaine, au même titre qu'Over the Rainbow, composée pour Judy Garland par Harold Arlen et E. Y. Harburgh, ou Like a Rolling Stone de Bob Dylan.

Mais Eva Tanguay a eu le malheur d'être à son apogée à l'heure des premiers phonographes et des 78 tours, dinosaures de l'ère de l'enregistrement. L'enregistrement d'I Don't Care, réalisé en 1922 alors qu'Eva avait 44 ans, est la seule trace sonore qu'elle ait laissée. Une version édulcorée sera reprise plus tard dans un film par Judy Garland, avec des paroles moins rebelles, passées à la moulinette de Hollywood.

Comme Madonna ou n'importe quelle autre star d'aujourd'hui, Eva Tanguay était une femme d'affaires, qui travaillait autant son look que ses spectacles. Rosen décèle d'ailleurs un lien de filiation entre le style vocal tonitruant et éclaté créé par Tanguay et celui de Betty Boob, de Billie Holiday et de Cyndi Lauper. Une opinion que partage le journaliste Wes Eichenwald, cité par Andy Erdman dans sa biographie à venir, qui qualifie Eva Tanguay de «pré-pré-punk rocker».

Eva Tanguay, images et vidéos
1 commentaire
  • Jean-Louis Tanguay - Inscrit 10 août 2010 10 h 06

    LE MËME ANCËTRE QUE CÉLINE!

    Toutes deux ont pour ancêtre commun Jean Tanguy, marié en 1692 à Marie Brochu.

    Pour plus 'information, voir le site de l'Association des familles Tanguay
    d'Amérique :

    www.genealogie.org/famille/tanguay/