Des effeuilleuses pour réveiller les fantômes

Immodesty Blaize, figure de proue de la scène burlesque mondiale, sera à Montréal.
Photo: Grand burlesque Show Immodesty Blaize, figure de proue de la scène burlesque mondiale, sera à Montréal.

Les fantômes du El Moroco, du théâtre Gayety, du casino Bellevue et du Faisan doré — qui hantent encore les rues du centre-ville de Montréal, comme tout le monde le sait — risquent d'être tous en émoi.

Samedi soir, le Club Soda se prépare en effet à faire revivre la folie burlesque du Montréal d'un autre siècle, avec ses effeuilleuses et leurs délicieux éventails en plumes d'autruche. Et ce, un peu pour la mémoire festive de la métropole, mais surtout pour rappeler que Montréal a été un jour la capitale mondiale du cache-sein à pompons, bien avant Toronto, Vancouver, Las Vegas et Londres, où le burlesque se porte bien aujourd'hui.

Avec le Grand Burlesque Show — c'est le titre de ce spectacle —, Scarlett James, qui travaille depuis des années à faire revivre ce temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, voit grand et n'annonce rien de moins qu'un «spectacle d'une ampleur inégalée» dans l'esprit des cabarets des années 1950.

La barre est haute. Elle va aussi être hissée par un big band de 20 musiciens et une brochette d'humoristes et de magiciens, prévient-on, posant du coup le cadre idéal pour la ribambelle de spécialistes de la suggestion, dont Mme James est une fière représentante, prévue au programme.

Elle ne sera pas seule. Sur les planches du Club, Immodesty Blaize, figure de proue de la scène burlesque mondiale qui vient de s'exhiber dans le film Burlesque Undressed, qui doit être présenté en avant-première nord-américaine au cinéma eXcentris demain soir, va se dévoiler. L'effeuilleuse française Gentry de Paris est aussi sur la carte, avec les incontournables Michelle L'Amour, Amber Ray, Coco Framboise et Renée Leroux.

En quête d'un nouveau souffle à Montréal depuis quelques années, l'univers du burlesque va donc se faire encore une fois lustrer le code formel — et peut-être dépassé — avec ses gants de satin, ses chapeaux hauts de forme, ses cannes à pommeau d'or... Le tout pour rappeler le temps d'une soirée que le mystère d'une femme est encore plus charmant quand il se cache derrière plus qu'une microcorde de string. «Jamais depuis le départ de Lili St-Cyr, en 1957, un spectacle de ce type n'a été présenté», préviennent les organisateurs. Un MC n'aurait pas trouvé meilleure formule.