L'avant-garde artistique prend pied à Sutton

Un Centre international de recherche et de création en danse et arts connexes (CIRC) verra le jour en 2011 à Sutton, dans les Cantons de l'Est. Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a accepté de financer la réalisation du projet évalué à 3,8 millions de dollars.

Conçu et dirigé par la compagnie Par B.L.eux du chorégraphe Benoît Lachambre, le CIRC offrira des résidences de création et des ateliers de formation aux artistes d'ici et d'ailleurs. Le projet est né du désir de Benoît Lachambre, l'un des chefs de file de la création d'avant-garde en Europe, de rapatrier et de partager son expertise et les réseaux qu'il a développés avec les diffuseurs et pédagogues du monde, avec la communauté artistique d'ici.

La collaboration artistique a toujours été au coeur du travail du chorégraphe, dont la compagnie Par B.L.eux signifie «par Benoît Lachambre et eux».

«C'est le prolongement de cette philosophie qu'on étend au centre qui offrira un contexte d'échanges culturels entre les artistes d'ici et d'ailleurs à travers des activités de ressourcement, de formation, et des résidences de création», résumait au Devoir André Malacket, directeur général de la compagnie de danse, quelque temps avant la confirmation du financement.

Le CIRC, qui sera érigé sur le terrain d'une ancienne ferme, dans les hauteurs bordant la Scenic Road, à neuf kilomètres du village de Sutton, aura une capacité d'accueil de 15 personnes toute l'année. Il abritera un immense studio de 13 m sur 19 m avec plafond de 8 m et grille amovible, le tout équipé à la fine pointe.

Les résidences de création l'occuperont 20 semaines par année. Une plage de deux mois sera réservée aux artistes émergents d'ici, subventionnés au projet, qui profiteront aussi de services de coaching ou de gestion de carrière. Deux périodes de deux semaines seront consacrées à la formation avec des pédagogues internationaux qui épauleront Benoît Lachambre. On prévoit en outre organiser des colloques pour réfléchir sur le métier et en discuter.

Le projet vise aussi à établir une essentielle réciprocité avec les acteurs de l'étranger. Plusieurs compagnies de danse québécoises, dont Par B.L.eux, profitent de généreuses coproductions pour créer leurs oeuvres chez les diffuseurs européens. Impossible, ici, de rendre vraiment la pareille, faute de moyens.

«En toute humilité, à la mesure de nos moyens, on veut offrir un équivalent et, un mois par année, accueillir des compagnies internationales, les loger, les nourrir et les faire profiter de nos infrastructures», explique M. Malacket. Une entente avec le Festival TransAmériques pourrait à l'occasion prolonger leur expérience par une présentation publique.