Gaspésie - L'aide ponctuelle de Québec ne sauvera pas le musée Exploramer

Québec a beau fouiller les fonds de tiroir pour éviter la fermeture d'Exploramer, l'institution muséale la plus fréquentée de Gaspésie, plongée dans une impasse financière, fermera ses portes à moins d'une aide récurrente du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCQ).

«On essaie de trouver une solution pour cette année, mais pour ce qui est d'une aide récurrente, on n'a pas de marge de manoeuvre», indique au Devoir Valérie Rodrigue, attachée de la ministre Christine St-Pierre.

Or, le conseil d'administration d'Exploramer a pris la décision irrévocable, lundi soir, de fermer les portes de l'institution dès demain, «s'il n'y a pas le mot récurrent au bout d'une subvention», a rapporté la directrice générale, Sandra Gauthier. «On n'est pas capable de gérer un musée sans planification à long terme.»

Fondé en 1995 comme centre d'interprétation de la mer et de l'histoire gaspésienne, l'établissement est devenu Exploramer en 2004, institution reconnue par le MCCCQ et consacrée à la préservation et à la reconnaissance du milieu marin du Saint-Laurent. Une enveloppe de 3,3 millions de Québec lui a permis de se restructurer en 2006. Le musée a ainsi plus que doublé son achalandage, passant de 7000 à 17 000 visiteurs. En 2008, il recevait le prix d'excellence de la Société des musées québécois (SMQ).

Cette expansion a toutefois alourdi le budget de fonctionnement de l'institution (600 000 $), autofinancé à presque 60 %. Les compressions au ministère de Patrimoine canadien lui ont aussi coupé 100 000 $ de vivres. Résultat: un manque à gagner annuel de 265 000 $.

L'enveloppe de 150 000 $ débloquée jeudi par la ministre responsable des régions, Nathalie Normandeau, comme toute aide ponctuelle du MCCCQ, «rallongera notre agonie».

Selon la SMQ, Exploramer illustre le sous-financement dont souffre le réseau des musées depuis le moratoire de 2002. «On a fait le choix de consolider le réseau actuel des 121 institutions muséales subventionnées», a répété la porte-parole du MCCCQ.