Being Jack Unterweger - John Malkovich montera sur scène lors du festival Grand Rire de Québec

Dans The Infernal Comedy – Confessions of a serial killer, John Malkovich campe le tueur en série autrichien qui a froidement étranglé 11 prostituées entre 1990 et 1993, avec leur soutien-gorge
Photo: Festival grand rire de Québec Dans The Infernal Comedy – Confessions of a serial killer, John Malkovich campe le tueur en série autrichien qui a froidement étranglé 11 prostituées entre 1990 et 1993, avec leur soutien-gorge

Le sourire énigmatique de John Malkovich planera sur la Vieille Capitale le 14 juin prochain, le festival Grand Rire ayant réussi à faire de Québec une des deux seules escales nord-américaines de la tournée internationale de la production The Infernal Comedy - Confessions of a serial killer.

Le président du festival d'humour de Québec ne tenait pas en place hier, après avoir obtenu, il y a 10 jours, une réponse positive de l'équipe de Malkovich. «On est fiers, car ça agrandit le territoire visé par le Grand Rire, qui s'étend cette fois à tout le Québec et au nord-est des États-Unis, contribuant ainsi à faire de Québec une destination internationale», jubilait Sylvain Parent-Bédard, qui a obtenu — on ignore à quel prix — les droits exclusifs de présentation pour le Canada.

La visite de Paul McCartney aux fêtes du 400e de Québec et celle du comédien italien Roberto Benigni l'an dernier auraient pesé lourd dans la décision d'accorder l'exclusivité du spectacle aux organisateurs du Grand Rire de Québec. La production s'arrêtera aussi à Toronto le 11 juin.

Mais d'emblée, rien ne semble lier cette production à l'humour (hormis le titre), The Infernal Comedy tenant davantage de la performance d'acteur. L'interprète du cruel Valmont de Stephen Frears y campe le tueur en série autrichien Jack Unterweger, qui a froidement étranglé 11 prostituées entre 1990 et 1993, avec leur soutien-gorge.

Mais avant de commettre ces crimes odieux, le meurtrier repenti (libéré après 15 ans de prison pour meurtre) s'était refait une virginité auprès du public et de l'élite intellectuelle en publiant une autobiographie, intitulée Purgatory. Faussement réhabilité, c'est lors d'enquêtes menées à titre de journaliste sur les conditions de travail de prostituées qu'il a occis, lors d'entrevues, ces 11 victimes.

Écriture fascinante

Malkovich, qui joue souvent des êtres retors, a confié le mois dernier à CNN ne pas être attiré par le fait que le personnage soit un tueur en série, mais plutôt par l'écriture fascinante de Michael Sturminger, où réalité et fiction se télescopent. Présentée sous la forme de huit monologues, cette création est ponctuée d'airs de Mozart, Beethoven, Vivaldi et Weber, chantés par deux sopranos et interprétés par un ensemble de 32 musiciens.

«C'est un conte prudent sur l'échec de nos fantasmes de rédemption», expliquait Malkovich au Irish Times, en juillet 2009, peu avant la première.

Même si le spectacle est joué en anglais, avec surtitres français, M. Parent-Bédard affirme que les 1300 sièges de la salle Albert-Rousseau trouveront facilement preneur. «Nous visons tout le public du nord-est américain et les Montréalais sont attendus en grand nombre. Des forfaits sont déjà prévus avec des voyagistes», a-t-il dit.