PSY à la Tohu - Thérapies inachevées

La troupe de cirque Les 7 doigts de la main revient à la charge à la Tohu avec PSY, une quatrième création fort audacieuse.
Photo: David Poulain La troupe de cirque Les 7 doigts de la main revient à la charge à la Tohu avec PSY, une quatrième création fort audacieuse.

Six ans après avoir inauguré la Tohu, la troupe de cirque Les 7 doigts de la main revient à la charge avec PSY, une quatrième création fort audacieuse, où 11 acrobates partagent le divan du psychanalyste pour exorciser la maladie mentale. Mais ce voyage au coeur du délire s'éparpille au passage et ne réussit pas tout à fait à mettre le doigt sur le bobo.

L'idée de départ était pourtant géniale. Onze personnages, tous des cinglés à leur manière: du schizophrène à l'obsessif, en passant par l'hypocondriaque et l'amnésique. Un canevas qui en théorie laisse place à toutes les folies, à l'humour et à l'émotion brute. Autant d'ingrédients auxquels carbure d'ordinaire la minitroupe de cirque, notamment dans les précédents LOFT, Traces et La Vie.

Mais cette fois, les sept doigts fondateurs sont restés en coulisse pour passer le témoin à neuf recrues de l'École nationale de cirque et à deux ex-membres de Traces, laissant le poids de leurs folies à leurs cadets.

Outre le premier patient de cette psychanalyse collective, un schizophrène, finement joué par Guillaume Biron sur son trapèze, suivi du jongleur amnésique et poétique incarné par Florent Lestage et de l'hyperdépendant, campé à merveille par Julien Sillau, prisonnier de sa roue allemande, plusieurs numéros tombent à plat. Ressortent du lot des artistes plus costauds, dont Héloïse Bourgeois et William Underwood, réunis dans un habile numéro de mats chinois sur le couple et l'insomnie.

Le tout démarre pourtant en lion avec des projecteurs braqués sur la foule, à la recherche des agoraphobes et des obsessifs qui sommeillent en chacun de nous. Le ton de départ est donné: on vit dans un monde de fous!

Mais sur scène, on en est moins sûr. Car dans ce cirque qui tend la main au théâtre, certains peinent à porter le poids de leurs personnages, devenus encombrants plus qu'inspirants. Les fous ne déraillent pas toujours et le propos, drolatique par nature, finit par s'étioler. La mise en scène, erratique, s'essouffle, même si le tout fourmille de bons flashs.

À croire que Les 7 doigts en avaient plein les mains avec ces neuf nouveaux rejetons, laissant échapper au passage ce supplément d'âme qui a fait leur marque de commerce. On a donc parfois l'impression, nous aussi, de poireauter dans le bureau du psy, en attendant que le spectacle lève... À la première, toutefois, le public semblait enthousiaste.