Les milieux humides coulent de source à la Biosphère

Photo: Biosphère

2010 a été décrétée Année internationale de la biodiversité par les Nations unies. L'occasion ne pouvait donc être plus belle pour présenter, à la Biosphère de l'île Sainte-Hélène, l'exposition Le Canada au fil des eaux: Naviguez à travers le pays. Une invitation à la découverte des multiples milieux humides qu'on trouve ici, des écosystèmes très précieux et de plus en plus menacés.

Dire que le Canada est un pays de cours d'eau relève de l'euphémisme. Cet État s'étirant d'un océan à l'autre compte plus de deux millions de lacs et les milieux humides occupent 14 % de ce territoire bordé de 250 000 kilomètres de côtes, dont une majorité dans la zone arctique.

Mais, bien qu'elle soit essentielle au maintien de la vie, la richesse biologique immense qui grouille et qui pousse dans ces milieux demeure relativement méconnue. D'où l'idée tout à fait opportune d'organiser une exposition qui part à la rencontre du Canada au fil des eaux. Car il faut bien le répéter: il y a urgence d'offrir une meilleure protection à l'ensemble des milieux humides.

Et quand on sait que, dans leur ensemble, ils renferment une biodiversité d'une ampleur comparable à celle qu'on retrouve dans la forêt tropicale, la nécessité d'assurer leur pérennité n'en est que plus évidente.

«De nombreux milieux d'eau douce et d'eau salée connaissent une situation très préoccupante», insiste d'ailleurs Éric Vachon, coordonnateur aux services éducatifs et publics à la Biosphère et biologiste de formation. Il cite en exemple les Grands Lacs, véritables mers intérieures, qui souffrent de tous les abus d'un développement humain effréné. La bonne santé de ce vaste écosystème est pourtant essentielle, d'autant plus qu'une majorité de la population du pays vit à proximité.

L'exposition présentée à la Biosphère réserve justement une large place aux Grands Lacs, tout comme elle aide le visiteur à apprécier davantage l'abondance de la vie marine dans l'estuaire du Saint-Laurent, depuis ses neuf espèces de baleines jusqu'aux créatures qui vivent à 350 mètres sous la surface.

On découvre également les lacs salés qui existent au Canada, mais aussi l'importance des tourbières dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien qu'elles ne représentant que 3 % de la superficie terrestre, celles-ci séquestrent en effet plus de 30 % du carbone. En fait, l'assèchement des zones humides et l'acidification des océans réduit aussi de façon substantielle l'absorption du carbone.

Outre la perte de ces milieux, leur contamination par des espèces envahissantes représente aussi un sérieux péril. Des photos de plusieurs d'entre elles — dont la tristement célèbre moule zébrée — sont justement présentées à l'extérieur de la Biosphère. La plus récente en date? La carpe asiatique, venue du Mississippi, qui menace désormais l'écosystème de la région des Grands Lacs.

Le visiteur découvrira par ailleurs le travail de plusieurs scientifiques, notamment Kathy Conlan, du Musée canadien de la nature, qui examine les effets de l'érosion par la glace sur les créatures des bas-fonds dans l'océan Arctique.

De grandes quantités de spécimens, de vidéos, de photos, d'illustrations et de cartes complètent l'abondant contenu présenté sur l'île Sainte-Hélène.

L'exposition sera aussi l'occasion de souligner la Journée mondiale de l'eau. Des scientifiques du Réseau canadien de l'eau présenteront ainsi des conférences sur le sujet le 22 mars, dès 19h.

La chose se veut en outre, et d'abord, familiale. On n'est jamais trop jeune pour prendre conscience de la richesse et de la fragilité du monde qui nous entoure. D'ailleurs, dans le cadre de la relâche scolaire, la Biosphère présente une programmation axée sur la sensibilisation des jeunes à l'environnement.

Munis d'un carnet spécial à estamper, ils sont invités à parcourir les animations de la Biosphère afin de devenir «gardien de la Terre». En participant à quelques-unes des activités de sensibilisation offertes, ils seront outillés pour mieux protéger l'environnement et recevront ainsi la certification de «gardien de la Terre». Cette dernière les engagera à protéger à leur manière l'environnement au quotidien.

Outre Le Canada au fil des eaux, les jeunes pourront voir le film Terre des Hommes, qui porte justement sur la biodiversité et sera accompagné d'une animation. Aussi, l'expo Tic Tac Tox sensibilisera les ados à la cohabitation entre l'homme, les substances chimiques et les produits toxiques.

Où se trouvent-ils? Comment s'en protéger? Pour leur part, les plus jeunes seront initiés à la règle des 3 R (réduire, réutiliser, recycler) dans l'atelier de création mettant en vedette le bricolage fait avec des matières récupérées.

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L'entrée à la Biosphère est gratuite pour les jeunes de 17 ans ou moins. Le musée, situé sur l'île Sainte-Hélène à Montréal, sera exceptionnellement ouvert le lundi 1er mars. L'exposition est présentée jusqu'au 30 avril. www.ec.gc.ca/biosphere..
2 commentaires
  • Tim Yeatman - Abonné 19 février 2010 07 h 21

    Sortez dehors!

    Depuis 40 ans la pollution m'empêche de me baigner dans la rivière devant chez moi. Quand j'étais petite, me baigner dans la rivière était ce que je préférais faire de mes étés. Aujourd'hui, le fond de l'eau a l'air d'un égoût. Dommage qu'on doive faire des biodômes pour sensibiliser et éduquer les urbains: la nature est à votre porte et vous attend!

  • Jacques Lafond - Inscrit 19 février 2010 08 h 50

    Propagande

    Autre belle propagande canadienne ici à Montréal, au Québec. Pour le reste, bravo pour l'initiative, enfin quelque chose d'intéressant qui marche, ici à Montréal. J'espère qu'il n'y aura pas d'enquête publique sur le financement, et sur les soumissions. Malgré que je serais intéressé de voir le budget accordé à la section commandite canadienne pour ce projet... Faudrait que tout le monde aille voir ça, et amène un petit drapeau du Québec. Parce que sur place, il y en aura pas.