Festival Montréal en lumière - La folie vue par Malajube et vous

Malajube donne le coup d'envoi aux activités extérieures du festival Montréal en lumière, ce soir. L'Office national du film (ONF) en profite pour lancer, quelques heures plus tôt, le nouveau vidéoclip du groupe, qu'elle a produit dans un esprit d'interactivité emblématique de sa production future.

Baptisé officiellement ce soir dans la sphère AXA du Vieux-Port, 100 mots pour la folie convie le public en ligne (www.onf.ca) à créer sa propre version du vidéoclip de la chanson Contrôle de Malajube. La pièce inédite n'existait qu'à l'état de maquette. Le groupe l'a peaufinée pour le projet de l'ONF, qui lui offre un écrin d'images puisées dans ses 70 ans d'archives visuelles, modifiées au gré des internautes.

«Ça devient un clip différent chaque fois que tu entres des mots», résument les membres de Malajube, dans une vidéo montrant la genèse du projet sur le site de l'ONF.

L'internaute démarre le vidéoclip en répondant à une question liée au thème de la folie qui traverse la chanson. Sa réponse déclenche une série de mots qu'il sélectionne pour générer un flot d'images associées. Si le processus expérimental subjugue, le résultat en pâtit un peu.

«On voulait voir comment les mots, donc la subjectivité, les sentiments d'un individu, peuvent générer une expérience audiovisuelle», explique Hugues Sweeney, concepteur des productions interactives à l'ONF, qui souligne la sous-représentation du français dans la production Web.

L'ONF a voulu explorer l'interactivité dans son sens le plus engageant pour l'individu, d'où le choix de l'univers musical. Le rock «sentimental» de Malajube, jeune groupe qui «traite de la folie dans tout son corpus de manière très originale», note Hugues Sweeney, s'est imposé naturellement. Surtout que l'ONF courtise le public dans la vingtaine.

Encore émergente au Québec, la production de vidéoclips interactifs est surtout marquée par les contributions d'Arcade Fire et de Ghislain Poirier. Le défi ici était d'utiliser la richesse de la langue pour déclencher l'interactivité.

«Il fallait créer un moteur sémantique capable de faire des liens entre les mots et les images», confie le réalisateur Ghassan Fayad, qui a sélectionné et découpé quelque 600 clips de 10 à 40 secondes à partir des archives de l'ONF.

Amorcée avec PIB — série de courts métrages sur les différents visages de la crise économique —, la production interactive de l'ONF comptera désormais pour 20 % de ses activités.

Pendant ce temps, Malajube cumule les bons coups, entre ce clip signé ONF, une performance aux Jeux de Vancouver et l'ouverture de Montréal en lumière. Le spectacle de ce soir est présenté gratuitement en plein air sur les quais du Vieux-Port, entrée Jacques-Cartier.