Bidou Laloge tire sa révérence

Pierre Daigneault (le père Laloge) et Yvon Leroux (Bidou Laloge, à droite) dans un épisode des Belles Histoires des Pays-d’en-Haut
Photo: Radio-Canada Pierre Daigneault (le père Laloge) et Yvon Leroux (Bidou Laloge, à droite) dans un épisode des Belles Histoires des Pays-d’en-Haut

Le comédien québécois Yvon Leroux, qui avait revêtu les traits de Bidou Laloge dans Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, s'est éteint samedi à l'âge de 80 ans.

L'acteur, qui était malade depuis plusieurs années, avait obtenu son rôle le plus marquant dans le célèbre téléroman écrit par Claude-Henri Grignon, inspiré de son propre roman Un Homme et son péché. Yvon Leroux y a campé pendant près de dix ans, soit de 1961 à 1970, le frère alcoolique de Donalda, interprétée par la jeune Andrée Champagne.

Son rôle ingrat lui avait d'ailleurs valu, comme à l'interprète de l'avare Séraphin Poudrier, Jean-Pierre Masson, quelques ennuis. Dans une entrevue accordée il y a quelques années à Joël Le Bigot, sur les ondes de Radio-Canada, Yvon Leroux déplorait que ses propres enfants aient eu à souffrir du caractère de son personnage.

«On appelait mes filles les petites Bidou. Elles n'aimaient pas cela. C'était difficile à éviter à l'école pour elles. Je n'aimais pas avoir à dire: "Braille le père" ou "Tais-toi", à ma petite soeur», confiait le comédien qui, dans son rôle d'alcoolique, se montrait souvent colérique avec sa femme ou son père.

Hier, Andrée Champagne, aujourd'hui sénatrice, a rappelé sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada qu'elle devait en partie à Yvon Leroux l'obtention de son célèbre rôle de Donalda.

«C'était mes tout débuts aux Belles Histoires, j'avais 17 ans. Yvon m'a beaucoup aidée à préparer les auditions qui ont fait que j'ai obtenu le rôle», a-t-elle commenté.

Mme Champagne a souligné à quel point le rôle de Bidou Laloge n'avait rien à voir avec la personnalité aimable et attentionnée d'Yvon Leroux. «Quand on le voyait jouer ce personnage odieux et qu'on connaissait cet homme qui adorait sa famille, sa femme, ses enfants et qui adorait son métier, ça n'avait rien à voir avec son personnage.»

Né à Saint-Eustache, Yvon Leroux a tissé des liens très tôt avec la Société Radio-Canada où, dès 1952, on l'entend dans plusieurs feuilletons radiophoniques, dont Métropole, de Robert Choquette, et La Famille Plouffe. En 1962, il participe à l'écriture de la dernière saison du feuilleton Jeunesse dorée, qui sera en ondes pendant 26 ans, succédant ainsi à Mme Jean Desprez.

En 1959, il obtient son premier rôle au petit écran dans La Pension Velder. Il jouera aussi le rôle de Jules Boutin dans Rue des Pignons en 1966.

Entre ses rôles à la télévision, Yvon Leroux fera quelques apparitions au cinéma dans les années 70, notamment dans Kamouraska (1973) de Claude Jutra, La Vraie nature de Bernadette (1972) de Gilles Carle, O. K. Laliberté (1973) de Marcel Carrière et J. A. Martin Photographe (1977) de Jean Beaudin.

Ses apparitions seront plus rares dans les années 80, où il participera à la série télévisée La Maison Deschênes, et L'agent fait le bonheur.

Au cours de la dernière décennie, Yvon Leroux avait campé Edmond Lacaille dans la quotidienne populaire Virginie.

En 2006, il avait retrouvé ses collègues des Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, notamment Andrée Champagne, Andrée Boucher, Gérard Paradis et René Caron, à l'invitation d'une émission spéciale de Viens voir les Comédiens enregistrée en hommage au célèbre téléroman, qui a tenu l'antenne de 1956 à 1970.

Déjà affecté par la maladie, l'interprète de Bidou Laloge avait malgré tout participé en janvier 2007 à l'émission de Tous pour un consacrée aux Belles Histoires des Pays-d'en-Haut.
2 commentaires
  • Pierre Samuel - Abonné 15 février 2010 10 h 49

    Ces inoubliables pionniers!

    Bravo et merci à tous ces Pierre Dagenais, Henri Deyglun, Félix Leclerc, Yves Thériault, Guy Mauffette, Marcel Gamache, Pierre Daigneault (Père Ovide sur la photo), Yvon Leroux et combien d'autres merveilleux touche-à-tout autodidactes à l'imagination débordante qui ont permis de taillader chacun à leur façon ce voile de grande noirceur qui recouvrait alors un Québec embrigadé et sclérosé par la peur et les crédulités!

  • - Inscrite 15 février 2010 17 h 09

    Condoléances

    Mes condoléances sincères à la famille de Yvon Leroux.

    Monsieur Leroux restera longtemps en nos mémoires.