Du cinéma pour enfants - Fort de son succès, Le Petit Nicolas arrive en ville

Le Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM) se déroule durant la semaine de relâche, soit du 27 février au 7 mars cette année. Voilà une excellente occasion pour enfants et parents de découvrir un cinéma de qualité tout en meublant une semaine parfois difficile à remplir.

«Notre programmation met à l'affiche des films internationaux qui permettent aux spectateurs de voir des films pour enfants qui ne sont pas juste des productions américaines, explique Jo-Anne Blouin, fondatrice et présidente-directice générale du FIFEM. C'est une programmation diversifiée qui permet de développer la curiosité et l'ouverture d'esprit des jeunes spectateurs et même de leurs parents. On a souvent la fausse perception que les films pour enfants sont des sous-produits. En Europe, d'où nous provient une bonne part de notre programmation, le cinéma pour enfants jouit des mêmes budgets que les films pour adultes. Au fond, un bon film pour enfants, c'est surtout un bon film, point.»

La compétition officielle

Maintenant à sa treizième édition, le FIFEM a toujours eu un volet de compétition. Cette année, ce sont huit films, en provenance de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, du Danemark, de la Norvège, de la Suède, des Pays-Bas, de la Lettonie et même de l'Indonésie, qui concourront.

Ce sont deux jurys qui attribueront les prix. D'abord, un jury international, composé de la comédienne québécoise Catherine Trudeau, de la productrice israélienne Michal Matus et du réalisateur norvégien Ame Lindtner Naess, remettra le Grand Prix de Montréal ainsi que le Prix spécial du jury. Ensuite, un second jury, celui-ci composé de cinq enfants cinéphiles âgés de 11 ou 12 ans, remettra le Prix Place aux familles ainsi que le Prix spécial du jury. «Ce sont deux jurys complètement indépendants et les jeunes assistent à toute la compétition et ils font leurs propres choix. Évidemment, on organise une rencontre puisque les enfants aiment bien faire la connaissance des professionnels.» Il y a aussi un Prix du public qui permet aux spectateurs de voter pour leur film préféré.

Fait à noter: les films de la compétition officielle sont présentés en version originale avec sous-titres anglais. «La plupart des films n'ont pas de sous-titres français et les copies avec sous-titres anglais sont les seules copies disponibles.» Le FIFEM a choisi de contourner le problème en s'assurant les services des comédiens Valérie Blais et Martin Dion, qui liront discrètement une version française des sous-titres.

Le Petit Nicolas et films hors concours

Le film d'ouverture est Le Petit Nicolas, de Laurent Tirard, mettant en vedette Valérie Lemercier, Kad Merad, Sandrine Kiberlain et le jeune Maxime Godard. Ce film français a connu un bon succès aux guichets avec plus de cinq millions d'entrées. La soirée d'ouverture aura lieu le jeudi 18 février, à 19 heures, à l'Impérial. Le film prend ensuite l'affiche au Québec le lendemain. «C'est une entente que nous avons avec le distributeur. Le film est présenté d'abord dans le cadre du FIFEM, avant de prendre l'affiche ailleurs. Nos festivaliers ne seront pas en reste, puisqu'une copie du film nous est réservée et que le film sera projeté tous les jours pendant le festival.» Le film de clôture sera un autre film français, Neuilly sa mère, du réalisateur Gabriel Julien-Laferrière. La projection aura lieu le dimanche 7 mars à 15h45.

Le FIFEM a aussi une section hors concours qui compte dix films, dont Le Petit Nicolas. Tous les genres y sont présents, de l'animation à la comédie en passant par le film d'aventures. On y aborde même le thème de la guerre. «On peut parler de n'importe quoi aux enfants; tout dépend de la manière dont on aborde le sujet. On constate que les problèmes évoqués dans les films tournés dans d'autres cultures ressemblent aux problèmes vécus par les enfants d'ici. Il y a quelque chose d'universel même dans la diversité.»

Autres activités

Outre ces deux sections, le FIFEM propose une série d'activités qui réjouiront les cinéphiles. Sous le thème «Second regard sur nos p'tites vues», on aura l'occasion de revoir quatre films québécois récents portant sur l'enfance, dont 1981, de Richard Trogi. Les Classiques du FIFEM permettront de voir pour la première fois en version française trois films qui ont connu du succès lors d'éditions précédentes du FIFEM.

La section Plein feux sur l'animation polonaise propose une rétrospective du cinéma d'animation polonais pour enfants. La section Mini-cinéphiles permettra aux bouts de chou de s'initier à l'art cinématographique. «Ce sont des films qui s'adressent à des enfants de deux ou trois ans et c'est souvent la première fois qu'ils voient un film au grand écran. On a même mis en place un service de valet-parking pour les poussettes.»

En raison du succès l'an dernier de la projection en plein air de La Guerre des tuques, le FIFEM récidive cette année avec la projection en plein air, le jeudi 4 mars dès 17h30, du film islandais Pas de signal, d'Ari Christinsson, gagnant du Prix spécial du jury enfant l'an dernier.

Si on compte les courts métrages, ce sont plus d'une soixantaine de films qui seront projetés lors du prochain FIFEM. Toutes les activités, sauf le film d'ouverture, se déroulent au Cinéma Beaubien. «Le Cinéma Beaubien se transforme en cinéma pour enfants tous les jours de 9 heures à 19 heures.» Avis aux intéressés: il vaut mieux s'y prendre tôt. «Il est préférable de se procurer les billets à l'avance pour un film qu'on veut voir, plutôt que de se présenter aux guichets le jour même, car on risque de se retrouver devant une salle déjà pleine. Mais il y a toujours d'autres films parmi lesquels on peut choisir.»

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Collaborateur du Devoir