Québec a perdu la guerre des festivals, estime le maire Labeaume

Québec — À en croire le maire de Québec, Régis Labeaume, la Ville de Québec et le Festival d'été ont bel et bien perdu la guerre des festivals les opposant aux FrancoFolies de Montréal. Pis encore, le maire savait déjà qu'il avait perdu lorsqu'il s'est emporté à la mi-août contre le patron des FrancoFolies, Alain Simard.

«C'était chose faite, il ne fallait pas s'obstiner», a déclaré M. Labeaume samedi lors de son passage à l'émission montréalaise Je l'ai vu à la radio. «Je pense que ce qui va se faire à Montréal, c'est très, très gros.»

À l'animateur Patrick Masbourian qui lui demandait de décrire les termes de la mystérieuse entente survenue récemment entre les deux festivals, le maire a rétorqué qu'il n'y avait pas de «deal». «Ce n'est pas très compliqué. Les FrancoFolies ont décidé d'être en juin. Moi, je pense que ce qu'ils veulent faire, c'est très très gros: inviter des auteurs et tout ça. En passant, c'est très brillant ce qu'ils veulent faire, c'est pour ça qu'on s'est fâchés, on est quand même orgueilleux.»

Dans un communiqué laconique, le Festival d'été annonçait le 25 novembre dernier qu'une entente était survenue avec les FrancoFolies de Montréal. «C'est parce qu'ils ont à coeur l'avenir de la chanson francophone que les organisateurs des FrancoFolies de Montréal et du Festival d'été de Québec en sont venus à une entente», annonçait-on sans donner de détails.

Une pudeur qui n'était pas sans trancher avec les propos virulents tenus par le maire à la fin de l'été lorsqu'il a appris que les FrancoFolies se déplaceraient en juin en dépit des inquiétudes affichées par le Festival d'été.

«C'est une déclaration de guerre!», avait lâché M. Labeaume. «Nous ne croyons pas que les FrancoFolies sont déficitaires et nous n'avons jamais cru cela. [...] Alain Simard est un individu privé qui veut mettre un quart de million de plus dans ses poches. Le seul problème, c'est que cet argent vient des gouvernements.»

Quatre mois plus tard, le maire affirme maintenant qu'il ne croyait pas à l'époque pouvoir changer le cours des choses. «Quand je me suis fâché, ce n'était pas pour ce cas-là. C'était pour le prochain. Je me suis fâché pour que ça ne se reproduise pas.»

S'il semble résigné, le maire n'est apparemment pas très heureux du dénouement dans cette affaire. Ainsi, à l'animateur de radio qui évoquait un «rapprochement» entre les deux festivals, M. Labeaume a donné une bonne idée de la température glaciale qui prévaut désormais entre les deux groupes. «Il n'y a pas de rapprochement, on va juste essayer de s'endurer.»

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