Étude - Montréal, le deuxième repère d'artistes au pays

Si Toronto compte plus d'artistes que la métropole, Montréal demeure un havre de choix pour ceux qui vivent de leur art puisque c'est là où l'écart salarial est le moins marqué au pays entre artistes et travailleurs, constate une étude publiée hier par Hill Stratégies.

Ce vaste coup de sonde, qui trace le portrait de l'évolution de la communauté artistique dans les grandes villes canadiennes de 1991 à 2006, révèle que plus de 100 000 artistes habitent les zones urbaines, soit 74 % des personnes vivant de leur art.

Question de population, Toronto bat Montréal à plates coutures en ce qui a trait au nombre d'artistes qui y vivent, avec une communauté de 22 265 artistes, comparativement à 13 425 artistes recensés à Montréal.

Toutes proportions gardées, c'est toutefois la région de Vancouver qui est la nouvelle Mecque artistique puisque les artistes y affluent, comptant pour 2,35 % de la population, soit trois fois plus que la moyenne canadienne. La côte ouest a l'effet d'un aimant auprès des artistes (Vancouver et Victoria) puisque leur nombre a bondi de 76 % entre 1991 et 2006, comparativement à 42 % à Toronto et à 33 % à Montréal.

Cinquième ville canadienne quant à la concentration d'artistes, Montréal abritait 13 425 artistes en 2006 gagnant en moyenne 24 600 $. Loin d'être le pactole, ce revenu demeure supérieur, toutes proportions gardées, au salaire moyen des artistes canadiens (22 700 $). Le fossé de 25 % qui sépare le revenu des artistes montréalais de celui du travailleur québécois moyen (32 600 $) est le plus faible de toutes les provinces canadiennes.

Avec des revenus moyens de 30 000 $ par an, le salaire des artistes de Toronto accuse à cet égard un écart de 30 % par rapport au salaire ontarien moyen.

Ces chiffres démontrent en outre que le secteur des arts a joui d'une forte croissance en 15 ans malgré un net ralentissement observé depuis le début des années 2000. Depuis 1991, la croissance des communautés artistiques a été beaucoup plus marquée dans la majorité des grandes villes que celle de la population active (12 % à Montréal).