On pourra désormais lire Lionel Groulx au centre d'archives de Montréal

De gauche à droite: Carol Couture, directeur général des archives de BAnQ, Guy Berthiaume, président-directeur général de BAnQ, Philippe Bernard, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx, et Claude Béland, président du conseil d’admini
Photo: Jacques Grenier De gauche à droite: Carol Couture, directeur général des archives de BAnQ, Guy Berthiaume, président-directeur général de BAnQ, Philippe Bernard, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx, et Claude Béland, président du conseil d’admini
Au mois de juin dernier, la Fondation Lionel-Groulx a en effet décidé de se départir de son important Centre de recherche Lionel-Groulx, pour pallier le déficit d'environ un demi-million qui minait ses coffres. La nouvelle avait d'ailleurs provoqué un tollé de protestation chez les chercheurs et historiens qui fréquentaient les archives de la Fondation, créée en 1956 par le chanoine Groulx lui-même, pour «favoriser l'étude de l'histoire du Canada français et de tout le fait français en Amérique», et pour «promouvoir l'avancement et la diffusion de la science de l'histoire».

«Le Québec est-il prêt à balayer une partie de sa mémoire et à laisser mourir une autre de ses institutions culturelles?», demandait un groupe d'historiens dans une lettre ouverte aux journaux, au moment de l'annonce de cette nouvelle.

Philippe Bernard a qualifié hier d'«émotive» la réaction des usagers du centre au déménagement des archives du Centre de recherche Lionel-Groulx. Il argue que le transfert des archives de la Fondation au centre d'archives de Montréal permettra aux chercheurs d'avoir un accès élargi au fonds, puisque ce dernier est ouvert six jours et trois soirs par semaine.

Le centre de recherche Lionel-Groulx a pour sa part été créé en 1976 pour devenir un centre de recherche et de documentation sur l'histoire de l'Amérique française et pour enrichir le patrimoine documentaire du chanoine Groulx, légué à sa mort en 1967.

Philippe Bernard se dit d'ailleurs persuadé que le fonds sera consulté par un plus grand nombre de chercheurs compte tenu de sa nouvelle situation, au centre-ville de Montréal.

«Nous ne possédions qu'une partie du fonds d'Olivar Asselin, par exemple, explique-t-il. L'autre moitié est aux archives de la Ville de Montréal, tout près d'ici.»

Libérée des contraintes d'espace et financières liées au Centre de recherche, la Fondation Lionel-Groulx pourra consacrer plus d'argent et d'espace à d'autres activités. Elle compte investir de façon plus vigoureuse sa première mission, qui est la promotion de l'enseignement et de la diffusion de l'histoire du Canada français et du Québec dans une perspective nationaliste et non indépendantiste, par des colloques et des publications, par exemple. La formation de nouvelles bourses destinées à soutenir des publications sur l'histoire du Québec n'est pas exclue, selon le président du conseil d'administration de la Fondation, Claude Béland, qui était présent à la rencontre d'hier.

«Aujourd'hui, quand on demande à un jeune qui est René Lévesque, il ne sait pas quoi répondre, et quand on lui demande qui est Lionel Groulx, il répond que c'est une station de métro», dit-il.

La Fondation compte également améliorer son site Internet, et peut-être procéder elle-même à la numérisation du fonds qui vient d'être cédé à BAnQ, puisque cette dernière ne peut prévoir que le fonds qu'elle vient d'acquérir sera numérisé en priorité.

La Fondation possède toujours deux maisons, dont l'ancienne maison du chanoine, rue Bloomfield, à Outremont, où l'on peut consulter la bibliothèque personnelle de Lionel Groulx.