Osheaga - Un de perdu, dix de retrouvés

Montréal a reçu la visite de Coldplay le 29 juillet 2008, au centre Bell. La formation britannique revient le 1er août dans le cadre du festival Osheaga.
Photo: Jacques Grenier Montréal a reçu la visite de Coldplay le 29 juillet 2008, au centre Bell. La formation britannique revient le 1er août dans le cadre du festival Osheaga.

La bulle d'Osheaga, festival de musique indie-pop-rock en plein air, s'est un peu dégonflée avec l'annulation du spectacle des Beastie Boys. Restent l'autre grand rendez-vous de cette quatrième édition, Coldplay, et surtout la cinquantaine de groupes et d'artistes à découvrir les 1er et 2 août au parc Jean-Drapeau et du 28 au 31 juillet dans les salles montréalaises dans le cadre du nouveau volet Osheaga en ville. Suggestions maison, en marge des Stills et autres Artic Monkeys qui ont déjà défrayé la chronique.

Coldplay sans les Beastie Boys

Tête d'affiche du festival qu'on ne peut passer sous silence, Coldplay n'a pas vraiment besoin de présentation. Sa belle pop mélodieuse et aérienne a fait consensus pendant près de dix ans. Et puis, il y a eu son dernier opus, Viva la vida or Death and All His Friends, qui a remporté le Grammy du meilleur album de l'année en 2008, avec un son plus audacieux et plus éclectique. Un sommet dans la carrière du quatuor anglais dirigé par le chanteur Chris Martin.

(samedi, 21h15)

La défection du mythique trio de rappeurs new-yorkais Beastie Boys (due à la maladie d'un de ses membres) ampute lourdement la programmation «attire-foule» d'Osheaga. Mais un de perdu, dix de retrouvés, dit le dicton. Il faut saisir l'occasion de cette grosse perte pour faire le plein de petites découvertes, d'autant plus que la formule du festival s'y prête avec ses courtes prestations en enfilade (de 30 minutes pour la plupart à 90 minutes pour les grosses pointures) réparties sur différentes scènes.

À commencer par Yeah Yeah Yeahs, remplaçants officiels des Beastie Boys (dimanche, 21h30), qui font de l'excellent indie-rock newyorkais dans sa plus pure essence. Le trio mené par la chanteuse Karen O. fera un retour à Montréal après une absence de quatre ans.

Crystal Castles

Ils profiteront peut-être de la foule endeuillée par l'absence des Beastie Boys puisque leur spectacle occupe à peu près la même plage horaire (dimanche, 21h15). Le duo torontois fait de l'électro aux accents noise, mais avec des envolées pop bien senties. Le déluge de sons cristallins qui s'entrechoquent sur l'album qui porte son nom promet une performance live éclatante. Si les quelques apparitions de la formation à Montréal n'ont pas rempli leurs promesses, elle mérite bien une autre chance.

Beast

Betti Bonifassi (ex-chanteuse de Champion et la voix des Triplettes de Belleville) a du chien, et sa nouvelle aventure musicale s'appelle Beast, avec Jean-Philippe Goncalvès, auteur, producteur et musicien rompu à tous les genres. La bête s'est réveillée à la fin de 2007 à Montréal et attaquait la scène presque aussitôt avec un album portant son nom, mordant et inclassable. Rock traversé de trip hop (ou est-ce l'inverse?), de gospel, de hip-hop, Beast a des accents de fin du monde, celle qu'on voit venir, qu'on appelle avec culot pour défricher un univers (musical) nouveau. Et on imagine bien que sur scène, dimanche prochain à 15h15, ils ne montreront pas patte douce...

Girl Talk

Les mashups, ça vous dit quelque chose? Oui, oui, comme dans patates pilées. Sauf qu'ici il s'agit de musique, grands succès des années 1980-90 que l'ex-chimiste américain Greg Gillis, alias Girl Talk, concasse, triture, pour recomposer un puissant flot de rythmes endiablés. Il milite d'ailleurs pour libérer la musique du carcan des droits d'auteur. Son spectacle se passe aussi dans la foule, qui semble chaque fois prise de délire dionysiaque. Lynchage collectif des vieux hits ou grand-messe à leur gloire? Sûrement un peu des deux. (Samedi, 21h30)

Chinatown

C'est l'une des sensations franco-montréalaise de l'année. Sa pop-rock légère aux accents franchouillards est un peu lisse, mais bon, le potentiel est là et ça fait du bien d'entendre du français dans cette mer de groupes anglo... d'où émergent aussi Le volume était au maximum et Caracol. (Samedi, 20h)

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