Eric Whitacre, le renouveau du chant choral

Le compositeur Eric Whitacre sera l'invité d'honneur du Mondial choral de Laval pour des cours de maître à partir du 8 juillet à la Maison des arts de Laval et un grand concert de ses oeuvres le samedi 11 juillet à l'église Sainte-Rose.

La visite est prestigieuse. Si le compositeur californien écrit des oeuvres chorales depuis 1991, c'est en 2006 que ce talent a éclaté à la face du monde avec la publication chez Hyperion d'un CD intitulé Cloudburst. Le programme révélait une musique chorale à la fois moderne et accessible.

«Whitacre a fait un pari fou, inconscient: le retour au chant, le retour à la beauté. Ce mode ne véhicule pas quelque caractère mystique, comme chez Duruflé; il est au service de l'expression des élans du coeur et de la poésie», avais-je alors écrit. Avec cette musique qui parle aux sens, Whitacre invente une sorte de lied-choral de notre temps.

En entretien avec Le Devoir, Eric Whitacre avoue que sa passion pour le chant choral lui est venue à l'âge de 18 ans, à l'université, et qu'il ne connaissait rien à la musique classique auparavant. «Après trois ans, j'ai écrit une oeuvre en cadeau pour le chef de choeur.» Tout est parti de là... Ses compositeurs préférés sont Debussy, Ravel et Bach. Parmi ses influences, il cite Morten Lauridsen et Arvo Pärt.

Musique pour tous

Eric Whitacre compose de la musique à la fois pour des chorales d'amateurs et pour des choeurs professionnels. «J'essaie d'écrire, sans compromis, pour divers types de chanteurs. Mon but est que, même si cela apparaît difficile, cela soit assez simple à chanter. Mais, oui, il y a aussi certaines pièces pour des choeurs professionnels.»

Y a-t-il un mouvement conscient et concerté d'un renouveau de l'éloquence en musique par l'intermédiaire de la composition chorale? Pas aux yeux d'Eric Whitacre: «Je ne suis pas en rapport avec d'autres compositeurs de musique chorale et je ne considère pas ce que je fais dans le cadre d'une évolution historique.»

Écrira-t-il de la musique chorale toute sa vie? «Je suis très ouvert: je voudrais écrire pour orchestre à cordes et j'aimerais écrire de la musique de film. Mais j'aimerais aussi composer pour un album pop. Je me lasse assez vite, donc tout ce qui me pousse dans une direction inattendue est intéressant à mes yeux.»

Eric Whitacre gagne bien sa vie et porte un regard pragmatique sur son activité professionnelle: «Ce qui est bien avec les choeurs, c'est qu'il y a beaucoup de chanteurs. Si vous composez une oeuvre qui devient populaire, vous vendez plein de partitions!»

Il est aussi un exemple de la manière dont les nouvelles technologies ont changé la donne. «C'est vrai que les États-Unis et le Royaume-Uni ont été les pays les plus réceptifs à ma musique. Mais maintenant, cela se répand partout: au Japon, en Australie, en Europe de l'Est. Mon activité sur Facebook ou MySpace a tout changé: je peux être en connexion immédiate avec la planète. On est en train de créer sur YouTube un choeur mondial virtuel avec ma pièce Sleep! Dans les dix ans qui viennent, tout va changer et cela affectera aussi la musique classique.»

Rendez-vous avec un phénomène planétaire, la semaine prochaine à Laval!