Montréal - On célébrera le Québec au parc Maisonneuve

Guy-A. Lepage animera la grande fête au parc Maisonneuve.
Photo: Guy-A. Lepage animera la grande fête au parc Maisonneuve.

Le grand spectacle au parc Maisonneuve se réinvente avec de nouveaux visages sur scène pour cette 175e fête des Québécois. L'animateur de Tout le monde en parle, Guy A. Lepage, prend le flambeau à l'animation, en remplacement de Normand Brathwaite. À ses côtés, Éric Lapointe, Marie-Mai, Ariane Moffat, Karkwa, Florence K. et Les Porn Flakes. La Bottine souriante et Zébulon lanceront la soirée.

«Ça va déménager dans le parc Maisonneuve, promet Guy A. Lepage. Vous êtes mieux d'attacher votre chaise de plastique avec des cadenas!»

L'homme aux multiples talents est ému de s'être vu confier l'animation du grand spectacle du 24 juin à Montréal. «Je suis né en 1960 dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Je suis très honoré d'animer cette fête de quartier d'environ 250 000 personnes. C'est très touchant de revenir aux sources», a-t-il confié en conférence de presse, lors du dévoilement de la programmation.

Grand amoureux de la musique, il ne cache pas non plus sa joie de se retrouver sur la même scène que Les Porn Flakes et Marie-Mai, avec qui il a joué plusieurs fois depuis deux ans. «Avec Les Porn Flakes, les chansons reprennent une deuxième vie avec un style très rock!», ajoute Marie-Mai.

Hymne à la voix

Comme le veut la coutume, les vedettes interpréteront certains de leurs succès, en plus de faire un clin d'oeil aux groupes d'ici. On nous promet notamment des chansons des groupes-cultes Corbeau, Beau Dommage, Les Colocs, Octobre et Les Classels.

On soulignera aussi le 35e anniversaire de J'ai vu le loup, le renard et le lion. Ce spectacle, qui avait réuni Robert Charlebois, Félix Leclerc et Gilles Vigneault, a servi de modèle aux grands spectacles de la Fête nationale.

Le groupe Zébulon, qui s'est reformé l'an dernier, après plus de dix ans d'absence, chauffera les planches dès 19h. Il s'agit de leur deuxième participation au spectacle du parc Maisonneuve. «C'est un buzz!, soutient Marc Déry, le chanteur et bassiste du groupe. L'intérêt est de se retrouver tout le monde ensemble et de chanter la fierté de ce qu'on est devenu, de ce qu'on est.»

Ces mots résument bien le thème de la Fête nationale cette année: «Une voix qui porte». Ce slogan veut souligner la volonté des Québécois de vivre en français en Amérique du Nord.

Même si elle a déjà rempli le Centre Bell à elle seule, Marie-Mai n'en revient toujours pas qu'on lui ait demandé de participer au grand spectacle du 24 juin à Montréal. «C'est un autre rêve qui se réalise, s'emballe-t-elle. J'ai tellement de bons souvenirs de la Saint-Jean. J'étais du genre à me promener avec mon drapeau du Québec sur le dos et à fêter jusqu'à 6h du matin. D'être sur la scène à Montréal, ça va être extraordinaire!»

Les membres de Karkwa, qui viennent de lancer leur troisième album, Le Volume du vent, se disent fiers de jouer le «rôle d'extraterrestre» parmi les autres artistes. «On est probablement le groupe le plus en marge et c'est le fun, parce que cela peut aider à élargir le public, dit le chanteur Louis-Jean Cormier. C'est important, pour les organisateurs, de s'ouvrir aux groupes plus alternatifs et ils devraient peut-être le faire encore plus.»

Politique ou pas ?

Guy A. Lepage, un souverainiste avoué, entend-il faire du spectacle du 24 juin un événement plus politisé? «La Saint-Jean est essentiellement un party, mais elle se doit d'être politique, sans tomber dans la partisanerie, répond-il. Comme je suis animateur et que j'ai un certain sens de la synthèse, c'est certain que je vais essayer de passer quelques messages pour rappeler que notre identité est distincte et qu'il faut la préserver!»

Selon lui, il est essentiel d'accepter que le tissu social de Montréal a changé et d'intégrer tous les Québécois — ou néo-Québécois — à «notre projet de société». L'animateur promet à la blague d'intervenir sur une note plus humoristique le soir du 24 juin.

La majorité des artistes qui partageront la scène avec lui n'ont pas l'intention de profiter de la tribune pour lancer un message politique. «Je laisse ça aux autres, laisse tomber Marie-Mai. Moi, je suis là pour chanter et faire tripper les gens! La Fête nationale, c'est le moment où on met tous nos différends de côté pour célébrer la langue française et notre fierté d'être québécois.»

Les membres du groupe Karwa n'ont pas non plus l'intention de parler de leur couleur politique durant la soirée, même s'ils sont majoritairement «bleu pâle ou bleu foncé», spécifie Louis-Jean Cormier.

Pour Florence K., c'est le message d'intégration des communautés qui prime. «Le Québec est très métissé, dit la chanteuse polyglotte, qui a des racines libanaises. C'est important d'en parler, de souligner que le Québec est composé de centaines de cultures et qu'on peut beaucoup apprendre et découvrir d'elles.» Elle entend d'ailleurs chanter au moins une chanson de son répertoire en espagnol.

Le traditionnel texte patriotique sera livré par la comédienne Suzanne Clément, qui tient la vedette dans Les Hauts et les bas de Sophie Paquin.

Horaire

Le grand spectacle débutera à 21h, au parc Maisonneuve, et sera télédiffusé à Radio-Canada dès 21h30. Le réseau Rock Détente et la radio satellite Sirius diffuseront aussi l'événement.

La fête aura commencé plus tôt avec le traditionnel défilé des géants, qui partira à 13h à l'intersection des rues Sherbrooke et Fullum, pour se terminer au parc Maisonneuve. Cinq nouvelles marionnettes géantes seront dévoilées, dont celles de Maurice Richard, Franfreluche et Louis-Joseph Papineau.

Les festivités débuteront sur le site du concert à 15h30, avec quelques activités familiales. Puis, le groupe La Bottine souriante ouvrira le bal, à 17h, et sera suivi de Zébulon, à 19h.

Pour plus de renseignements, il suffit de consulter le site www.fetenationale-montreal.qc.ca.

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Collaboratrice du Devoir

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