Compressions au Centre national des arts

La récession économique fait mal au milieu culturel, y compris chez les plus choyés. Le Centre national des arts (CNA) d'Ottawa n'échappe pas à la guigne et devra, d'ici deux ans, effectuer une cure de minceur.

Le Centre national des arts (CNA), icône culturelle de la capitale nationale, devra envisager en 2010 l'abolition de 40 postes et un resserrement dans sa programmation et son administration.

L'institution fédérale prévoit souffrir d'un manque à gagner d'au bas mot 3,8 millions en revenus autonomes au cours des deux prochaines années, en raison des répercussions directes de la crise. Bien que la subvention annuelle de 35 millions octroyée par le fédéral ne soit pas menacée, ce sont plutôt les revenus de billetterie, les revenus de stationnement et notamment les revenus tirés de ses collectes de fonds qui traînent de la patte. Ces revenus représentent la moitié du budget de fonctionnement de l'organisme.

«Il y a un net ralentissement dans la vente des billets, dans les revenus de nos cafés et restaurants. Non seulement notre fondation récolte moins auprès du public, mais il y a moins d'argent disponible de la part de nos commanditaires», a expliqué hier Jane Watson, responsable des communications pour le CNA.

Pour boucler son budget, le CNA prévoit une stratégie en deux temps, basée en premier lieu sur l'abolition de 40 postes d'ici à 2011, grâce à l'attrition et à un programme de départs volontaires, doublé de primes de départ. On espère pouvoir arriver aux objectifs visés sans mises à pied.

Dans un deuxième temps, la direction envisage une réduction de 5 % des budgets attribués aux divers programmes culturels du CNA, ce qui laisse présager des compressions dans les programmes de danse, de théâtre et de musique en 2010.

Pas d'impact pour 09-10

«Pour l'instant, notre auditoire ne verra aucun impact durant la saison 2009-2010 puisque la programmation avait déjà été annoncée. Après, il reviendra à chacune des directions de programme de composer avec ces coupures de 5 %», a expliqué Mme Watson.

Selon des sources internes du CNA, il est encore difficile de prévoir l'effet réel qu'aura le plan de redressement envisagé, et qui commence à peine à faire l'objet de discussions dans les couloirs du CNA. Chose certaine, tous les administrateurs ont été mis à contribution et entendent jouer de prudence en élaborant, d'ici à l'hiver prochain, leur programmation pour 2010-2011. Le choix final des programmations en musique, danse et théâtre est normalement arrêté en novembre ou décembre.

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