Endettée, la Fondation Lionel-Groulx se départit de ses archives

Confrontée à un grave déficit financier, la Fondation Lionel-Groulx, qui est spécialisée dans l'histoire du nationalisme canadien-français et québécois, devra fermer sous peu son centre de recherches et se départir de ses précieuses archives amassées au fil des ans, y compris celles du célèbre chanoine.

Le conseil d'administration de la Fondation et du centre de recherche Lionel-Groulx tranchera demain sur le sort de sa volumineuse collection d'archives, devenue trop coûteuse à préserver en ces temps de disette économique. La Fondation Lionel-Groulx, fondée en 1956, continuera quant à elle ses activités, mais recentrera sa mission sur la promotion de l'histoire.

Selon le directeur de la Fondation, Philippe Bernard, la majeure partie des 72 fonds et collections privés qu'abritait l'ancienne demeure du chanoine Lionel Groulx, rue Bloomfield à Outremont, seront transférés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ) à Montréal et à Québec, y compris de nombreux objets religieux ayant appartenu au chanoine.

La Fondation Lionel-Groulx rassemblait de nombreux fonds d'historiens, dont celui de François-Albert Angers, ainsi que les fonds du journaliste Olivar Asselin et des directeurs du Devoir Henri Bourassa, André Laurendeau, Gérard Filion et Lise Bissonnette. Ouvert au public et aux chercheurs, le Centre de recherche donnait accès à la bibliothèque personnelle de Lionel Groulx, aux fonds privés, ainsi qu'à 17 000 monographies, 37 000 documents iconographiques, plus de 700 objets, des correspondances manuscrites et des bandes sonores.

Le Regroupement des services d'archives privées agrées du Québec déplore la dislocation de cette collection unique et historique qui perdra ainsi sa cohésion. «C'est une grande perte pour le public et le milieu académique», déplore François Cartier, président de ce regroupement.

Mais à la Fondation, qui affectera désormais ses ressources à l'organisation d'activités publiques pour compenser la fermeture du centre, on dit ne plus avoir d'autre option. Confrontée à un déficit qui dépassera cette année 500 000 $, la Fondation a perdu plus de 300 000 $ en revenus de placements l'an dernier, ainsi que ses deux principaux bailleurs de fonds, Hydro-Québec et le Mouvement Desjardins.

«Ça va permettre de recentrer la mission de la Fondation sur ce qu'elle était du temps de Lionel Groulx, à savoir la promotion de l'enseignement de l'histoire», estime M. Bernard.