Compressions à Radio-Canada - La mobilisation prend beaucoup d'ampleur

La résistance s'organise autour de Radio-Canada, qui fait face ce printemps à d'importantes compressions budgétaires. Pétitions, lettres d'appui, groupes Facebook: tous les moyens sont bons.

Le mouvement de soutien à Radio-Canada prend de l'ampleur, alors que le Syndicat des communications de Radio-Canada lance cet après-midi une grande campagne d'appui à l'entreprise publique, en compagnie de différentes personnalités.

Cette campagne s'ajoute à celle lancée fin mai par un groupe de citoyens, SOS Radio-Canada, qui compte actuellement près de 5000 membres sur Facebook.

Facebook compte d'ailleurs plusieurs groupes de soutien à Radio-Canada, dont un groupe de 4700 membres qui veut sauver l'émission Macadam Tribus à la radio.

Par ailleurs, une animatrice d'Espace Musique, Carole Trahan, dont le contrat n'a pas été renouvelé à cause des actuelles compressions budgétaires, est soutenue par une campagne d'appui pilotée par le député Daniel Turp.

Ces groupes reprennent tous, à des degrés divers, les mêmes arguments: Radio-Canada est une institution essentielle dont le mandat est actuellement menacé par le sous-financement, et l'actuel gouvernement conservateur, même s'il a maintenu la subvention de base à Radio-Canada, n'a pas voulu lui donner des moyens supplémentaires pour faire face à ses difficultés budgétaires.

La campagne du Syndicat des communications est lancée au Québec et en Acadie. Elle invite les citoyens à faire pression auprès de leur député pour aider Radio-Canada, et 300 librairies francophones distribueront des cartes postales de soutien, sur le thème «Je suis, nous sommes pour service public de qualité». Elle prévoit également lancer un manifeste national le 18 juin.

France Castel est la porte-parole nationale de la campagne, qui compte différents porte-parole régionaux, dont Gérald Larose, Yves Lambert, Jean-Marie de Koninck, Daniel Boucher et Antonine Maillet.

La campagne veut convaincre le gouvernement de signer un nouveau contrat avec Radio-Canada qui inclurait un financement stable et accru «mais aussi une obligation de résultat assortie d'une gestion apolitique et transparente».

Il s'agit du premier volet d'une campagne qui aura son pendant anglophone pour défendre CBC.

D'autres appuis

Par ailleurs, le mouvement SOS Radio-Canada, lancé par quelques citoyens, et dont Emmanuel Bilodeau est porte-parole, a reçu l'appui ces derniers jours de plusieurs organismes, dont Culture Montréal, la Guilde des musiciens du Québec et l'Union des artistes.

Il s'agit pour le moment d'une campagne menée exclusivement sur le Web, qui invite la population à se regrouper pour défendre Radio-Canada.

Différentes personnalités québécoises font aussi circuler une pétition d'appui à Carole Trahan, figure connue de la radio depuis une vingtaine d'années, qui présente actuellement les émissions le matin du week-end sur Espace Musique.

Ces personnalités sont indignées par le non-renouvellement du contrat de Mme Trahan qui, disent-elles, communique la passion de la musique classique depuis des années.

Marc Pichette, directeur des communications de Radio-Canada, indiquait hier au Devoir que «le non-renouvellement de son contrat a été un choix difficile, connaissant la notoriété de Mme Trahan. Ce n'est pas un désaveu de son talent, c'est notre réalité financière». Mme Trahan doit être remplacée par Mario Paquet.

La pétition compte actuellement quelque 120 noms, dont ceux des députés Daniel Turp et Camil Bouchard, des écrivains comme Bruno Roy et Madeleine Gagnon, Bernard Labadie des Violons du Roy, et plusieurs musiciens, enseignants et auditeurs.

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