Cirque du soleil - Un amour de coccinelle

La mise en scène d’Ovo est signée par la chorégraphe brésilienne Deborah Colker. Ce qui n’est pas étranger à la gestuelle parfaitement maîtrisée des artistes et acrobates; au point où l’on penserait qu’ils ont tous une formation en danse
Photo: Jacques Grenier La mise en scène d’Ovo est signée par la chorégraphe brésilienne Deborah Colker. Ce qui n’est pas étranger à la gestuelle parfaitement maîtrisée des artistes et acrobates; au point où l’on penserait qu’ils ont tous une formation en danse

«Notre but est d'aborder le désenchantement du monde en montrant du merveilleux. Derrière chaque saut périlleux, il doit y avoir une émotion artistique», aimait dire Franco Dragone, le metteur en scène des premiers spectacles du Cirque du Soleil. Vingt-cinq ans plus tard, la proposition imaginée par une bande de saltimbanques — avec un chef qui a le sens des affaires — tient-elle toujours la route?

La réponse est... oui, la magie opère encore. Mardi soir, sous une pluie de papillons multicolores et une chaude musique, près de 2500 spectateurs ont ovationné les 53 artistes, lors d'une finale festive et carnavalesque. C'était l'avant-première d'Ovo (la première mondiale est ce soir), la 25e création du Cirque fondé en 1984.

Ovo commence doucement avec une histoire d'oeuf géant perdu au milieu d'un royaume d'insectes de tous genres, de toutes formes. Il sera question du cycle de la vie et des lois de la nature, belle et terrifiante. Puis, il y a des numéros d'équilibre. Un couple musclé qui s'enlace, se couche l'un sur l'autre, s'enroule dans le vide avec une simple corde! Six petites Chinoises, tout de rouge vêtues, qui font un numéro d'antipodisme en roulant des kiwis géants sur leurs pieds. Un beau manège de formes et de couleurs.

Petit bémol, il n'y a pas assez de numéros d'acrobatie... et trop de sketches de clowns. (J'avoue ne pas être bon public. Entendre une femme de 40 ans rire aux éclats à la moindre grimace, cela ne touche vraiment pas mon coeur d'enfant.) Fin de la parenthèse.

Dans Ovo, l'auguste est une étrange bibitte bleue, dont le faciès est un croisement entre celui de Jim Carrey dans The Mask et celui de Stéphane Rousseau incarnant l'Anglo Scott Towell. Il a le béguin pour une grosse coccinelle. Pour gagner son coeur, il devra suivre les conseils du clown blanc. Lorsque la chimie amoureuse opère, une énorme fleur s'ouvre et un sentiment d'extase envahit tout le plateau.

Le spectaculaire arrive du ciel, lorsqu'une douzaine de voltigeurs exécutent un numéro de trapèze volant. Après la contorsionniste, un acrobate ayant l'air d'un superhéros se hisse sur un fil mou et fait le grand écart dans le vide! Mais le clou du spectacle, c'est ce numéro ahurissant de Trampo-mur. Une vingtaine d'artistes bondissent sur des trampolines nichés dans la fosse, puis grimpent sur un mur d'escalade, et replongent à nouveau! On croirait voir des cascades de Mission impossible!

La mise en scène d'Ovo est signée par la chorégraphe brésilienne Deborah Colker. Ce qui n'est pas étranger à la gestuelle parfaitement maîtrisée des artistes et acrobates; au point où l'on penserait qu'ils ont tous une formation en danse! Tel un peintre sa toile, Deborah Colker a rempli de couleurs, d'énergie, de mouvements et d'émotions tout l'espace du grand chapiteau jaune et bleu. Pour ce, elle est magnifiquement secondée par la costumière Liz Vandal (ce que Vandal a conçu avec ce qui ressemble à de gros tuyaux de sécheuse tient du génie!).

C'est de là que vient la réussite du Cirque du Soleil: l'art d'aller chercher les meilleurs concepteurs et créateurs en leur donnant les moyens de leur talent. Depuis 25 ans!

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Collaborateur du Devoir

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OVO

Une création du Cirque du Soleil. Sur les quais du Vieux-Port de Montréal jusqu'au 19 juillet et à Québec dès le 30 juillet, puis en tournée. www.cirquedusoleil.com

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