Festival TransAmériques: - 25 spectacles en 18 jours

Photo: Bernd Uhlig
Dans Körper, la chorégraphe allemande Sasha Waltz façonne les corps nus comme des sculptures.
Photo: Photo: Bernd Uhlig Dans Körper, la chorégraphe allemande Sasha Waltz façonne les corps nus comme des sculptures.

Malgré l'ombre qui plane sur la venue de diffuseurs étrangers, le Festival TransAmériques (FTA) ne baisse pas les bras et présentera 24 productions issues de 12 pays au cours d'une édition tonique échelonnée sur 18 jours.

Plus que jamais tourné vers de jeunes créateurs bouillants, le FTA a dévoilé hier sa programmation, qui s'annonce aussi hétéroclite qu'intrigante, avec des créations se réclamant de tous les genres. «Nous aurons six premières mondiales et huit spectacles coproduits par le FTA. Ne cherchez pas l'unanimité; un festival doit questionner, permettre l'exploration et déranger!», a résumé hier Marie-Hélène Falcon, directrice du FTA.

Compressions obligent, les diffuseurs étrangers risquent de ne pas être au rendez-vous cette année, mais des artistes en provenance de 12 pays sont attendus. Notamment de jeunes créateurs fougueux qui donneront le ton à cette troisième édition.

Parmi ces créatifs dans la fleur de l'âge, la troupe du nouveau théâtre de Riga présentera en ouverture de festival The Sound of Silence, une ode à l'ère Flower Power, vue depuis l'Est. La troupe vancouvéroise Theatre Replacement s'amène quant à elle avec Bioboxes, un théâtre de poche, présenté en six temps sous forme de cabinets des curiosités, à déguster dans l'intimité pour six spectateurs à la fois.

Révélation du théâtre parallèle new-yorkais, le Nature Theater of Oklahoma présentera Rambo Solo, une pièce déconcertante bâtie à partir d'une seule conversation téléphonique. Guillermo Calderon, metteur en scène et auteur pour le Teatro el Blanco, proposera un doublé, Neva, une autopsie du théâtre de Tchekov, et Diciembre, une pièce minimaliste sur les paradoxes de la guerre.

Côté danse, le festival attend plusieurs chorégraphes indociles, dont le Brésilien Bruno Beltrao, de Groupo de Rua, qui remanie le hip-hop sans lui soutirer une once d'anarchie, et d'Israël Yasmeen Godder, avec Singular Sensation, un condensé brûlant de vitalité. Les Québécois

Benoît Lachambre et Frédérick Gravel s'annoncent aussi percutants, le premier dans Gravelworks et le second dans Body-Scan.

Parmi les grosses pointures, il y aura la venue très attendue de la chorégraphe allemande Sasha Waltz qui, dans Körper, façonne les corps nus comme des sculptures, et du tandem formé de Robert Lepage et de la danseuse étoile Sylvie Guillem, qui présenteront en première nord-américaine

Eonnagata, une oeuvre fusionnant théâtre et danse inspirée de la vie d'un espion déguisé en femme. À noter aussi, la compagnia Pippo Belbono et sa troupe unique composée de clochards, de sourds-muets et de trisomiques, dans une création poétique sur la mort, L'Orgie de la tolérance, du dérangeant Jan Fabre, et le tout dernier Denis Marleau, Une fête pour Boris, de Thomas Berhnard.

- Festival TransAmériques, du 20 mai au 6 juin. www.fta.qc.ca.

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