Le syndicat du Journal de Montréal dépose une plainte devant la CRT

Le syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal a déposé hier une plainte devant la Commission des relations du travail, jugeant que Quebecor utilise des briseurs de grève depuis qu'elle a décrété un lock-out en janvier dernier. L'entreprise réplique qu'elle respecte la loi.

«Bien que Quebecor Media ait raffiné sa méthode depuis le conflit au Journal de Québec, nous avons réuni plusieurs faits démontrant qu'elle a eu recours à des "scabs" pour produire quotidiennement le Journal, contrevenant ainsi au Code du travail», affirme le président du syndicat, Raynald Leblanc.

Dans sa requête, le syndicat demande donc à la Commission des relations de travail de délivrer une ordonnance enjoignant à l'employeur de cesser de publier dans le Journal tout texte et toute photo provenant du «pseudo organe de presse» QMI et des publications et sites Internet de 7 jours, 7jours.ca, 24 heures, 24heures.ca, Ici, canoe.ca, argent.ca ainsi que des hebdos régionaux appartenant à Quebecor.

La plainte vise aussi des textes ou des photos en provenance du Journal de Québec traitant d'événements qui se produisent «hors de son territoire», «comme le prévoit la convention collective» du syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM). Elle porte également sur la publication de caricatures de YGreck.ca et les photos provenant de photographes à leur compte ou à l'emploi d'autres employeurs.

Pour ce qui est du recours à des collaborateurs externes, le syndicat demande à la Commission de faire en sorte que le Journal s'en tienne à la situation qui prévalait avant le début de la négociation. Par exemple, Joseph Facal signe actuellement deux chroniques par semaine, plutôt qu'une auparavant. Selon le syndicat, cet ajout vise à remplacer le travail du chroniqueur d'opinion Marco Fortier, ce qui contrevient au Code du travail.

«[...] Nous souhaitons faire la preuve de nos allégations au plus tôt pour rétablir le rapport de force et retourner à la table de négociation, fait valoir M. Leblanc. La publication de ce journal en contravention avec les dispositions antibriseurs de grève fait perdurer le conflit. Il faut que ça cesse.» La requête sera entendue à compter du 15 avril.

Faux, réplique Quebecor

De son côté, Quebecor assure qu'il ne contrevient pas aux dispositions antibriseurs de grève. «Le Journal de Montréal, dans le cadre de ce conflit de travail là, respecte pleinement le Code du travail et les lois du Québec», soutient la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor Media, Isabelle Dessureault.

Elle affirme également que la création de l'agence QMI n'est «pas quelque chose qui est lié directement au conflit de travail au Journal de Montréal» mais simplement avec la volonté de Quebecor de mettre à profit toutes ses composantes médiatiques. «Le projet de l'agence QMI est un projet d'agence d'entreprise qu'on chérit et qu'on prépare depuis à peu près deux ans», explique Mme Dessureault.

La porte-parole de Quebecor s'étonne également que la plainte du syndicat soit basée sur plusieurs articles de la convention collective, alors qu'à ses yeux, depuis le lock-out, la convention collective ne s'applique plus.

Avec La Presse canadienne

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