La tour Eiffel se refait une beauté

Paris — La tour Eiffel va essuyer quelques coups de pinceau à l'occasion de ses 120 ans. La société d'exploitation du célèbre monument parisien a précisé hier, lors d'une conférence de presse, que la campagne de peinture, qui vient de débuter, allait durer 18 mois. Soixante tonnes de peinture antirouille vont ainsi être appliquées au cours de cette nouvelle campagne de ravalement, la 19e dans l'histoire de cet ouvrage de 10 000 tonnes qui a été ouvert au public en mai 1889.

Les travaux, dont le montant est estimé à quatre millions d'euros (6,7 millions $CAN), n'empêcheront pas les visites de la dame de fer, qui a accueilli près de sept millions de personnes en 2008. Les visiteurs pourront ainsi croiser l'un des 25 peintres spécialisés dans cette opération. Harnachés et reliés par des câbles à la structure, ils seront également protégés par des filets antichute pour mener à bien leur tâche. Au total, les peintres employés pour l'opération devront traiter une surface de 250 000 m2.

Ils appliqueront une peinture protégée par un brevet et qui reste la même depuis 1968, le «brun tour Eiffel». Auparavant, la tour est passée par toutes sortes de couleurs: le brun rouge à l'époque de son inauguration puis l'ocre brun jusqu'en 1899, avant de passer au jaune puis à l'orange dans la première moitié du XXe siècle. De 1954 à 1968, la tour a même été peinte en rouge brun.

Pour la campagne 2009, la couleur adoptée pour le ravalement ne sera cependant pas uniforme. Les peintres utiliseront trois teintes différentes, plus claire pour le haut et plus foncée pour le bas. Un moyen «d'accentuer la ligne de fuite», selon Yves Camaret, le directeur des services techniques de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE).

En plus de la campagne de peinture, des contrôles de l'état de la structure seront également réalisés. Des pièces métalliques abîmées ou rouillées pourront être remplacées le cas échéant.

Par ailleurs, des tests de nouvelle peinture seront entrepris en même temps que des expériences de décapage. «Malgré l'usure qui fait disparaître une partie des anciennes couches, l'épaisseur de peinture érodée augmente à chaque nouvelle campagne», a noté Nicolas Lefebvre, directeur général de la SETE. «Une opération de décapage devra se faire au cours du siècle prochain afin d'éviter les fissures», a-t-il ajouté.

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