Les leçons du Cirque du Soleil

Le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, a insisté hier, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, sur le fait que son entreprise a choisi de ne pas licencier d’employés en ces temps difficiles.
Photo: Jacques Nadeau Le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, a insisté hier, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, sur le fait que son entreprise a choisi de ne pas licencier d’employés en ces temps difficiles.

Le président du Cirque du Soleil (CDS) a dit ne pas être venu pour donner des leçons, mais il en a tout de même servi tout un plat hier midi à ses hôtes du dîner-conférence de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Pour nous, l'antidote à la crise actuelle, c'est le retour aux valeurs fondamentales», a dit d'entrée de jeu Daniel Lamarre aux centaines de personnes réunies dans un hôtel du centre-ville. Tout son discours a proposé des preuves de ce repli vers l'essentiel.

Le président a notamment insisté sur le fait que son entreprise avait choisi de ne pas licencier d'employés en ces temps difficiles. Une remarque d'autant plus percutante que plusieurs représentants de grandes entreprises québécoises ayant procédé à des congédiements étaient assis à la table d'honneur.

«La crise économique actuelle a été créée par des ingénieurs financiers qui ont inventé de toutes pièces une fausse économie, a dit M. Lamarre. Ajoutez à cette formule artificielle des fraudes de taille. [...] Aujourd'hui, le seul remède qui tient, c'est de couper des emplois, donc de briser des familles complètes. [...] Nous, au Cirque du Soleil, on fait le pari de nos employés.»

La compagnie a par exemple comprimé ses dépenses (notamment dans les frais de voyage) plutôt que de sabrer son personnel. Mieux, elle espère maintenir tous ses 4500 postes dans le monde, le plus fort contingent (1832 employés) travaillant au centre mondial de Montréal. La masse salariale annuelle de cette armée de cirqueux oscille autour de 122 millions, en plus des quelque 30 millions versés en redevances de toutes sortes aux créateurs. «La situation de l'emploi se doit d'être un sujet de préoccupation pour notre société», a résumé M. Lamarre.

Il a ensuite servi la leçon du «produit» que créent, diffusent et administrent ces milliers de personnes. Depuis 25 ans, les spectacles du CDS ont attiré plus de 100 millions de spectateurs et généré sept milliards de revenus aux guichets.

Diversification

M. Lamarre a expliqué que le développement de sa compagnie misait dorénavant sur la diversification. D'abord, sur un plan géographique, puisque rien qu'en 2008, les chapiteaux ont visité 31 nouveaux marchés et investi deux salles permanentes (à Macao et à Tokyo). Le Radio City Hall de New York recevra bientôt un show dirigé par René Simard, déplacé de Macao. Le spectacle de Dubaï est retardé, mais pas abandonné. Le CDS va également miser sur le marché russe au cours des prochaines années.

La deuxième diversification évoquée concerne le contenu: le spectacle coquin Zumanity de Las Vegas sera bientôt cloné. Les derniers shows de la compagnie ont exploré le music-hall, la magie, et ils renouvelleront bientôt le vaudeville avec un autre spectacle new-yorkais, dirigé par le clown David Shiner, metteur en scène de Kooza. La nouvelle production sera lancée en novembre.

Le CDS va même tenter de renouveler son propre genre sous chapiteau en confiant un spectacle de tournée à Robert Lepage. Le metteur en scène de Québec, qui a dirigé KÀ à Las Vegas, travaille à une production qui verra le jour en 2010. Entre-temps, dans quelques semaines, la troupe aura lancé un autre show de tournée (Cirque 2009).

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