Finalistes aux prix d'excellence de l'Ordre des architectes du Québec - La Bibliothèque de Charlesbourg et des résidences urbaines séduisent le jury

La résidence Bernier-Thibault, une maison familiale du Plateau rehaussée de deux cubes de verre et de bois, est en nomination pour le prix Marcel-Parizeau, attribué aux projets de moins de 150 000 $.
Photo: La résidence Bernier-Thibault, une maison familiale du Plateau rehaussée de deux cubes de verre et de bois, est en nomination pour le prix Marcel-Parizeau, attribué aux projets de moins de 150 000 $.

L'Ordre des architectes du Québec (OAQ) a dévoilé hier les 43 projets finalistes à ses prix d'excellence qui seront décernés en juin prochain. Plus verts que jamais et résolument amoureux du bois, les projets de la Bibliothèque de Charlesbourg, la résidence Bernier-Thibault et résidence BN20°5 ont séduit la présidente du jury, l'architecte franco-allemande Dominique Gauzin-Müller.

La rédactrice en chef de la revue d'architecture verte Ecologik a dénoté plusieurs projets habités par une volonté ferme d'utiliser des matériaux durables et de réhabiliter l'espace urbain. Coup de coeur du jury, l'agrandissement de la Bibliothèque de Charlesbourg, réalisé par Croft Pelletier architectes, constitue aux yeux de Mme Müller un projet exemplaire d'architecture institutionnelle durable, tant en ce qui à trait au choix des matériaux utilisés qu'en raison de son implantation originale. «C'est un bâtiment de niveau international, qui se démarque par l'usage d'une toiture végétalisée, mais aussi par les jeux subtils entre la pierre et le bois et un éclairage naturel formidable. Je connais peu de bibliothèques aussi adaptées à leurs différents publics», a-t-elle souligné hier en entrevue.

Le projet de la bibliothèque de Charlesbourg se retrouve d'ailleurs en finale dans trois catégories. Mme Müller a aussi été séduite par deux projets d'architecture résidentielle, soit la résidence Bernier-Thibault, de Paul Bernier, et la Maison en U de Nathalie Dionne. Située aux limites du Plateau Mont-Royal, la deuxième résidence, ouverte sur une cour intérieure qui permet la vie de famille en ville, a intégré un petit bâtiment industriel. «Ce projet parle de refaire la ville sur la ville, en densifiant le tissu urbain, tout en rénovant l'existant au lieu de construire en banlieue. Réutiliser les bâtisses sera l'un des grands défis de l'avenir pour épargner les ressources et limiter le transport de matériaux», pense Mme Müller.

La résidence Bernier-Thibault, une maison familiale du Plateau rehaussée de deux cubes de verre et de bois, et la résidence BN20°5, une maison-atelier ouverte sur la nature, dessinée par Yiacouvakis-Hamelin, sont toutes deux en nomination pour le prix Marcel-Parizeau, attribué aux projets de moins de 150 000 $.

Dans la catégorie des bâtiments institutionnels, le Quai des Cajeux, lié à la Promenade Samuel-De Champlain, réalisée pour le 400e de Québec par la firme Daoust Lestage Inc., l'École primaire de la Grande Hermine (ABCP Architecture) et le CPE Coeurs de l'île (Pierre Morency Architectes) se démarquent notamment du lot.

Le public est d'ailleurs invité à voter pour ses projets favoris, qui peuvent être vus sur le site de l'OAQ. Si cette fournée de projets témoigne d'un mouvement marqué en faveur de matériaux durables et de technologies vertes, Mme Müller constate un énorme retard en matière d'efficacité énergétique entre les bâtiments construits au Québec et ceux conçus en Europe. En Allemagne, la consommation énergétique se limite parfois à 15 kw/h par mètre carré par an, dit-elle, comparativement à 250 kw/h ici, au Québec. «Avant de penser à se tourner vers des technologies vertes, pense-t-elle, il y a de gros progrès à faire en ce qui à trait à l'isolation de l'enveloppe des bâtiments.»

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