Une nouvelle création d'Ex Machina sera présentée au prochain Festival TransAmériques

Photo: Érick labbé
Mêlant danse et récits, le trio de choc composé de Robert Lepage, de l’étoile de la danse Sylvie Guillem et du chorégraphe Russell Maliphant (photo) revisitera le destin trouble d’Éon, explorant la dualité homme-femme et
Photo: Photo: Érick labbé Mêlant danse et récits, le trio de choc composé de Robert Lepage, de l’étoile de la danse Sylvie Guillem et du chorégraphe Russell Maliphant (photo) revisitera le destin trouble d’Éon, explorant la dualité homme-femme et

Robert Lepage foulera la scène aux côtés de l'étoile de la danse Sylvie Guillem et du chorégraphe Russell Maliphant, à l'occasion de la nouvelle création Éonnagata, que présentera en grande première nord-américaine le Festival TransAmériques (FTA).

La rencontre de ces trois monstres sacrés sera à coup sûr un des temps forts de ce grand rendez-vous de la danse et du théâtre qui s'échelonnera du 20 mai au 6 juin prochains.

Après avoir étoffé sa réputation de danseuse rebelle, convertie à la danse contemporaine en créant Push avec Russell Maliphant (2005) et Sacred Monsters avec Akram Khan (2006), l'ex-soliste du Ballet de l'Opéra de Paris a tendu la main à Robert Lepage, pour créer une oeuvre à la frange de la danse et du théâtre.

Créée en trio avec Maliphant, cette création ressuscite le personnage anticonformiste du chevalier d'Éon, célèbre espion du roi Louis XV, et premier à s'être travesti pour accomplir ses missions secrètes. Des rumeurs coururent d'ailleurs toute sa vie au sujet de sa véritable identité sexuelle.

Mêlant danse et récits, le trio de choc revisitera le destin trouble d'Éon, explorant la dualité homme-femme et le mystère des genres, en s'inspirant au passage des onnagata, ces personnages féminins du théâtre Kabuki incarnés par des hommes. Les trois protagonistes évolueront dans des costumes signés par le designer londonien Alexander McQueen et un environnement sonore créé par Jean-Sébastien Côté.

«Éonnagata, c'est la rencontre de Guillem et de Lepage, donnant naissance à une oeuvre unique, dans laquelle les deux créateurs partagent leur amour commun pour le Japon», a expliqué hier Marie-Hélène Falcon, directrice du FTA, à l'occasion du dévoilement d'un premier pan de la programmation.

Cette création qui, dit-on, présenterait Lepage sous un jour moins connu, sera présentée en première mondiale au Sadler's Well de Londres le mois prochain, et atterrira à Montréal les 2, 3, 4 juin à Montréal.

Le FTA présentera aussi en spectacle d'ouverture à l'Usine C la troupe lettone du Nouveau théâtre de Riga avec Sounds of Silence, une pièce sans paroles jouée sur la trame musicale de l'album culte de Simon and Garfunkel, qui jette un regard cynique et humoristique sur l'époque du flower power.

Sasha Waltz, une figure de proue de la danse contemporaine allemande avec Körper, présente aussi une oeuvre charnière. Surréel et abstrait, Körper — qui signifie corps — décortique le corps humain dans une succession de tableaux puissants donnant lieu à toutes les métamorphoses.

En première mondiale, le FTA présentera aussi Douleur Exquise-Sibyllines, de l'artiste française Sophie Calle, interprétée par Anne-Marie Cadieux, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens. «Sophie Calle est une artiste exceptionnelle, qui met sa propre vie en scène dans des oeuvres qui combinent le texte et la photographie», a expliqué hier Mme Falcon. Cette réflexion sur les multiples visages de la souffrance traitera de la rupture amoureuse vécue par une femme jusqu'à plus soif.

Enfin, le public aura aussi droit à des événements gratuits, dont un très inusité pas de deux pour danseur et pelleteuse intitulé Transports exceptionnels, livré en plein air sur le site du Vieux-Port. Sur des airs de la Callas, ce ballet mécanique d'une pure poésie présenté depuis 1995 par la troupe française Beau geste révèle toute la fragilité du danseur devant l'ogre mécanique, dans un tandem où l'homme finira par apprivoiser la bête d'acier.

Les 22 et 23 mai, le public pourra prendre d'assaut le Monument-national, qui sera investi, de la cave au grenier, par une douzaine de créateurs. Le reste de la programmation du FTA sera dévoilé le 31 mars prochain.

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