La direction prend les rênes du Journal de Montréal

La direction et le syndicat du Journal de Montréal sont engagés dans une véritable bataille de l'opinion publique depuis samedi, et la direction de l'entreprise utilise massivement son journal pour tenter de convaincre la population de la justesse de son point de vue.

Samedi, l'éditrice du Journal de Montréal signait un long texte pour expliquer la nature du conflit. Hier matin, fait exceptionnel, c'est le président de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, qui s'était réservé deux pleines pages du journal.

Dans son texte, M. Péladeau affirme avoir tout fait depuis six mois pour «convaincre le syndicat des profondes mutations qui affectent la presse écrite».

Pierre Karl Péladeau a également soutenu que les propositions de la direction du journal permettraient aux employés de demeurer les mieux payés de l'industrie, et a réitéré son intention d'engager plus de journalistes lorsque le conflit sera terminé.

En réplique aux commentaires voulant que Le Journal de Montréal soit encore très profitable, M. Péladeau fait valoir qu'il n'est «pas question d'attendre que Le Journal de Montréal soit au bord du précipice» avant d'agir.

Le président de Quebecor a résumé ainsi les propositions de la direction auprès de son personnel: il faut aménager une salle de nouvelles plus moderne et plus performante, «augmenter la souplesse, la flexibilité opérationnelle, la productivité», il faut pouvoir utiliser le matériel du journal sur toutes les plates-formes, actuelles et futures, de Quebecor Media, et il faut se retirer des activités qui ne sont pas directement liées à la production d'information et de contenus.

Depuis samedi, Le Journal de Montréal est entièrement rédigé par les cadres de l'entreprise, et on y trouve aussi plusieurs articles non signés. Cette stratégie donne lieu à des situations très étranges; par exemple, hier, le directeur de l'information du journal, Dany Doucet, signait un texte de nouvelles sur le rejet des offres patronales par les syndiqués de The Gazette...

Par ailleurs, le chroniqueur-vedette Richard Martineau a écrit hier qu'il entendait poursuivre sa collaboration au journal pendant le lock-out. Richard Martineau fait valoir qu'il n'est pas un employé de Quebecor, mais un «fournisseur de services», que Quebecor est son «client», et que «si, demain, le journal décidait de ne plus avoir recours à mes services, aucun syndicat ne lèverait le petit doigt pour venir à ma rescousse».

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