Architecture - Le CCA fête ses 20 ans

En 20 ans, le Centre canadien d'architecture (CCA) est non seulement devenu un chef de file international dans les hauts lieux de l'architecture, mais il a transformé le visage d'un quartier oublié et a joué d'intelligence et d'originalité pour sensibiliser les Montréalais aux multiples enjeux du développement urbain.

Il y a déjà 20 ans s'ouvraient rue Bayle les portes d'un des plus beaux musées d'Amérique, dessiné par Peter Rose, intégrant la majestueuse maison Shaughnessy, rescapée par la visionnaire Phyllis Lambert, pasionaria du patrimoine urbain. Hier, l'instigatrice et fondatrice de ce musée unique au monde s'étonnait de l'immense chemin parcouru depuis les premiers pas du CCA en 1989.

«J'avais en tête ce que pourrait être le CCA il y a déjà 30 ans. Je voulais que l'architecture soit comprise. Je souhaitais que le passé informe le présent et que notre connaissance du présent nourrisse le futur. Mais c'est 1000 fois mieux que ce que j'avais imaginé! Notre importance au niveau international est énorme», s'est réjouie hier la grande dame de l'architecture, dont on célébrait l'an dernier les 80 ans.

À la fois musée et centre de recherche, le CCA accueille aujourd'hui des spécialistes du monde entier. Il possède une riche collection comptant 100 000 dessins et estampes, 55 000 photographies, 150 fonds d'archives et 250 000 périodiques.

Après avoir tenu des expositions plus classiques, le CCA s'est résolument engagé ces dernières années sur des pistes avant-gardistes, participant activement aux débats de l'heure sur les grands enjeux de développement urbain. Ce fut le cas récemment avec Désolé, plus d'essence, et Actions: comment s'approprier la ville, deux propositions remettant en question notre façon de vivre en ville.

Le directeur du CCA, Mirko Zardini, veut élargir le dialogue entrepris avec le public montréalais en lançant, dès ce printemps, un nouveau site Web qui donnera accès en ligne aux ateliers, conférences et collections du musée. Les heures d'ouverture du CCA seront aussi prolongées et la gratuité offerte aux enfants et aux étudiants.

Pour fêter ses 20 chandelles, une série d'événements marqueront l'année 2009, dont une fête «portes ouvertes», échelonnée sur 20 heures, le samedi 2 mai prochain. Vingt événements publics jalonneront l'année, dont des séminaires, débats et entretiens, un 11e bal de financement le 11 juin et la troisième des conférences de la série Urgences, le 12 juin.

Côté exposition, le CCA présentera Environnement total: Montréal 1965-1975 (mars 2009), un survol de l'influence du mouvement de l'architecture éphémère dans la métropole. L'automne s'ouvrira sur une exposition consacrée à l'impact de la vitesse sur l'art et l'architecture (octobre 2009), suivie d'Autres odyssées de l'espace, une proposition originale sur l'influence du premier voyage sur la Lune sur le travail de trois architectes (novembre).

Plus soucieuse de l'impact du CCA que du nombre de ses visiteurs, Phyllis Lambert a conclu hier: «L'achalandage, c'est nul. Au fond, c'est l'impact qui compte. Un musée doit être fait pour faire réfléchir.»

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