Le Vent du nord à la Veillée de l'avant-veille - Quatre garçons dans le vent

Bon an, mal an, Le Vent du nord offre plus d’une centaine de concerts. Photo: Danielle Bérard
Photo: Bon an, mal an, Le Vent du nord offre plus d’une centaine de concerts. Photo: Danielle Bérard

Le Vent du nord est assez chaud c't'année. Dans les airs, l'album qu'ils ont fait paraître ici l'an dernier, fait partie du top 10 du palmarès world du webzine américain PopMatters, et Mesdames et Messieurs, qu'ils ont lancé le mois dernier, révèle la plus formidable rencontre de musiciens traditionnels québécois captée sur disque depuis la belle époque de la Veillée des veillées dans les années 70.

Bon an, mal an, le groupe offre plus d'une centaine de concerts, ce qui en fait le plus actif de la musique trad à l'extérieur, au même titre que Genticorum qu'ils invitent demain soir au Club Soda avec le très imaginatif «calleur» Jean-François Berthiaume pour la douzième édition de la Veillée de l'avant-veille. Une véritable rencontre au sommet.

D'un disque à l'autre, les quatre musiciens du Vent du nord se signalent par leur constance, leur son limpide, la richesse de leurs arrangements, la qualité de leur recherche de répertoire, la sensibilité de leurs harmonies vocales, le parfait mélange de reels contagieux et de chansons plus intimes et le caractère aérien de leurs rêveries. Ils sont les quatre garçons dans le vent de la musique trad. Et à travers leurs différences et contrastes, les quatre se complètent parfaitement.

Nicolas Boulerice, veille âme, lettré, chanteur, vielleux et pianiste, apporte au groupe une douceur mélodique et le sens de l'improvisation qu'il a hérité du jazz. Avec lui, le vent souffle doucement. «Mon père est écrivain et amoureux aussi bien de chansons françaises que de traditions. Il m'a donné le goût de l'histoire et de l'Europe. J'aime d'ailleurs beaucoup la musique bretonne», dit-il.

Olivier Demers, son complice depuis la période de la formation Ad vièle que pourra, est issu quant à lui d'une famille de mélomanes où la musique classique était à l'honneur. «Cela ressort aussi bien dans son jeu que dans ses compositions», commente Nicolas. Mais le violoniste de formation classique est devenu violoneux terreux et ses nombreuses participations aux sessions du Vices & Versa lui ont permis, au fil des ans, d'acquérir plus de mordant dans son swing.

D'autant qu'il peut s'épandre avec Réjean Brunet, le plus nouveau membre du Vent. Un artiste mordant. Un pur et dur. La grosse pompe au piano, le grondement résonnant à la contrebasse et l'énergie dévastatrice à l'accordéon. «Il vient du trad, on ne peut plus terroir», poursuit le chanteur vielleux. «Il a commencé à jouer pour la danse vers l'âge de dix ans, avec son frère André au violon. Cela transparaît dans son attaque caustique et son jeu corrosif.»

Reste Simon Beaudry, chanteur à la voix très pure qui chante plus ouvert que jamais, guitariste folk capable de faire sautiller ses accompagnements et frère d'Éric, de la Bottine. Chez les Beaudry de Saint-Côme, dans Lanaudière, le monde du trad est porteur de chansons. «Chez lui, on écoutait beaucoup de folk et de country, en plus du répertoire inédit des familles de l'endroit» ajoute encore Nico. Ensemble, les quatre retrouveront demain soir des danseurs, initiés ou pas, avant de repartir sur la planète, enregistrer un cinquième album, préparer le festival Chant de vièles et se produire avec l'Orchestre symphonique de Québec à la fin de 2009. En véritable coup de vent.

***

Collaborateur du Devoir

- La Veillée de l'avant-veille, avec Le Vent du Nord, Genticorum et Jean-François Berthiaume, au Club Soda, le 30 décembre à 20h30. Renseignements : 514-9090

À voir en vidéo