La chanteuse, danseuse et actrice Eartha Kitt est décédée à 81 ans

Eartha Kitt pose en 1995.
Photo: Agence France-Presse (photo) Eartha Kitt pose en 1995.

New York — La chanteuse, danseuse et actrice Eartha Kitt est décédée jeudi dans le Connecticut, à l'âge de 81 ans, d'un cancer du côlon, a-t-on appris par un proche de la famille, Andrew Freedman.

Née dans une plantation de coton en Caroline du Sud, d'une mère noire cherokee et d'un père blanc, elle est envoyée à l'âge de huit ans chez un oncle, à Harlem. La jeune créole à l'enfance malheureuse persévère et devient une vedette internationale d'élégance et de sensualité dès les années 50.

«Je suis une orpheline. Mais le public m'a adoptée et cela a été ma seule famille, avait-elle dit au Post en ligne. Ma plus grande famille dans le monde, ce sont mes fans.»

Chanteuse de variétés fortement influencée par le jazz, avec sa voix rauque et suave, Eartha Kitt chantait en dix langues différentes et s'est produite dans une centaine de pays.

Proclamée «la femme la plus excitante au monde» par Orson Welles, elle devient son «Hélène de Troie» dans le légendaire Faust qu'il produit.

En 1967, elle joue Catwoman dans la populaire série télévisée Batman, un ancrage pop indélébile maintes fois imité, jamais égalé. Elle s'était fait connaître dans Mrs Patterson en 1954-55. Elle a remporté deux Emmy Awards.

Eartha Kitt était connue pour sa polyvalence artistique. Parmi ses titres phares, I love a man, repris en français avec Voulez-vous coucher avec moi ce soir, My Funny Valentine, Where is my man, son album C'est si bon et son Santa Baby, repris chaque année à Noël.

En 1968, la carrière de Miss Kitt en prend un coup. Lors d'un déjeuner organisé par la première dame à la Maison-Blanche, elle se prononce contre la guerre du Vietnam. Jusqu'en 1974, elle sera obligée de travailler à l'étranger, classée sur la liste noire des États-Unis.

En 2006, elle est à Washington et illumine le sapin de Noël, aux côtés du président George W. Bush et de sa femme.

À l'aube du nouveau millénaire, toujours pleine de vitalité et de sex-appeal, elle se passionne toujours pour les comédies musicales, sa dernière apparition sur les scènes de Broadway remontant à la fin de 2003.

En 1996, Eartha Kitt déclarait à l'Associated Press: «Les spectacles sont presque tous devenus fades. Leur réussite dépend des gadgets et des lumières. Aujourd'hui, vous n'avez pas besoin d'avoir du talent pour avoir du succès. Je pense que nous devions avoir quelque chose à offrir si nous voulions que notre valeur soit reconnue et récompensée.»

Kitt vivait près de sa fille et de ses quatre petits-enfants, dans le Connecticut. Elle a écrit trois autobiographies, dans lesquelles elle raconte sa vie, la plupart du temps, de célibataire.

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