Une année bonbon... pour les humoristes

L'année a été fertile en événements. Deux campagnes électorales coup sur coup, qui ont donné lieu au départ de deux chefs, Stéphane Dion et Mario Dumont. Une coalition en devenir. Un changement historique aux États-Unis (et plusieurs gags potentiels sur Sarah Palin...). Les bons fromages aux poubelles. Québec qui se refait une beauté, qui accueille un ex-Beatle dans le délire général et qui fait un pied de nez à Montréal et à ses problèmes de circulation.

Une année sportive aussi. Des Jeux olympiques à Pékin, une folie médiatique au printemps dernier lorsque le Canadien amorçait les séries, Jonathan Roy, le fils de l'autre, qui découvre de nouveaux mouvements de boxe pour un gardien.

Et par-dessus tout, Julie Couillard. Ah, l'affaire Julie Couillard-Maxime Bernier, que du bonbon pour les humoristes, les satiristes et les cyniques!

Un show de variété

En entrevue au Devoir, Véronique Cloutier nous prévient: «Ne me demandez pas qui jouera Julie Couillard! Le plaisir d'un Bye Bye, ce sont les surprises, c'est de découvrir qui jouera quoi. L'intérêt, c'est de reconnaître tout à coup des gens connus dans un rôle inusité.»

Radio-Canada proposera pas moins de quatre revues de l'année mercredi soir, l'une après l'autre. C'est beaucoup. Serge Chapleau et son équipe s'amuseront d'abord à ridiculiser les politiciens autour de Gérard D. Laflaque. Puis, Guy A. Lepage proposera une édition spéciale de Tout le monde en parle avec les personnalités qui ont marqué l'année, dans de nouvelles entrevues. La liste des invités est prestigieuse.

Jean-René Dufort prend ensuite le relais, avec sa propre revue de l'année d'une heure qui devient de plus en plus une tradition, une revue qui peut être assez cinglante d'ailleurs, si on se fie aux années précédentes.

Enfin, le fameux Bye Bye. Cette fois-ci, Véronique Cloutier et son conjoint-auteur-comédien Louis Morissette ont décidé de s'assumer, et de présenter leur Bye Bye comme un Bye Bye, justement, et de ne pas l'affubler du titre Ceci n'est pas un Bye Bye, comme il y a cinq ans.

Mais la formule n'a rien à voir, ni avec les deux derniers Bye Bye de Rock et Belles Oreilles, ni avec les Bye Bye des années 90 dans lesquels on présentait des sketchs en direct devant public.

«C'est vraiment un show de variétés, explique Véronique Cloutier, présenté devant 800 personnes dans le grand studio de Radio-Canada le 31 décembre, mais dans lequel on présente aussi des sketchs filmés d'avance. Et les numéros musicaux sont toujours intégrés à un concept. Je ne fais pas de présentation du genre "voici le nouveau succès de untel".»

Plus rapide

Pas question non plus d'offrir des sketchs en direct sans filet. «Le principe du sketch en direct devant la foule a évolué depuis les années 90, ajoute Louis Morissette. On acceptait alors la convention qu'il fallait changer de costume en arrière de la scène, qu'il y avait des clins d'oeil à la foule. Le rythme doit être beaucoup plus rapide aujourd'hui.»

Pas moyen d'en savoir beaucoup plus sur le contenu de l'émission, bien sûr. «C'est un mélange de politique et de culture populaire, commente Louis Morissette. Je ne peux pas passer à côté de Barack Obama, c'est certain, mais je vais parler aussi de la culture populaire, donc de la télévision et du sport.»

Lors de l'entrevue, vers la mi-décembre, Véronique Cloutier semblait bien confiante mais Louis Morissette était plus anxieux, conscient de l'impact d'une telle émission. «Y a des matins où je me demande pourquoi on a accepté ça», lance-t-il. Les deux vedettes étaient alors plongées dans l'organisation des enregistrements avec différentes personnalités, alors qu'il fallait convaincre plusieurs personnes de venir participer à un sketch pour à peine quelques lignes.

«Dans un sens, c'est plus simple de faire une telle émission avec un équipe stable comme Rock et Belles Oreilles», explique Louis Morissette. Car ce Bye Bye ne compte pas sur une équipe régulière: plutôt une trentaine d'invités en tous genres qui arrivent et repartent. «Et ce n'est pas le temps de faire des essais, ajoute Louis Morissette. Il faut des comédiens qui "punchent" immédiatement.»

L'ensemble de la production est assurée par la même équipe qui entourait Véronique Cloutier aux derniers galas des prix Gémeaux, galas plutôt réussis d'ailleurs. Pour l'écriture des sketchs, Louis Morissette est entouré de François Avard, Pierre Hébert, Jean-François Léger et Jean-François Mercier.

C'est donc une double tradition qui va se poursuivre cette semaine chez les Québécois, tradition dont Véronique Cloutier et Louis Morissette sont très conscients: d'abord regarder le Bye Bye, et ensuite, critiquer le Bye Bye le lendemain...

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