Statistiques - Chute des salaires dans les professions culturelles

Les salaires moyens gagnés dans la plupart des professions culturelles ont subi un net recul entre 2000 et 2005, les femmes ayant encaissé en moyenne une chute de 14 % de leurs revenus en dollars constants et les hommes de 18 %.

Le portrait tracé par les toutes dernières statistiques de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) sur les revenus moyens d'emploi dans les professions culturelles au Québec n'est pas très reluisant.

Selon cette division de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), le revenu moyen global, calculé en dollars constants, a régressé d'environ 3 % entre 2000 et 2005.

Pour certaines professions, la situation est toutefois plus dramatique, notamment pour les professionnels et les techniciens de l'architecture, dont les revenus moyens en dollars constants ont fondu de 29 % pour les hommes et de 38 % pour les femmes.

Le portrait n'est guère plus encourageant pour les designers industriels, designers graphiques, illustrateurs et designers d'intérieur, qui ont touché en 2005 des revenus inférieurs de 23 %, 28 %, 17 % et 28 % par rapport à 2000.

Pour les artisans, les revenus calculés ont encore plus diminué, puisque pour les hommes, le salaire qui se chiffrait à près de 23 000 $ en 2000 dépassait à peine 17 000 $ en 2005, ce qui équivaut à un repli de près de 40 % en dollars constants. Pour les femmes, le recul s'établissait à 31 %.

Les professionnels de la scène et des arts plastiques sont touchés dans l'ensemble par une baisse de 23 % pour les hommes et de 30 % pour les femmes. Mais certains métiers sont plus durement affectés, dont les peintres, sculpteurs et autres artistes des arts plastiques, dont les revenus moyens de 17 000 $ en 2000 ont chuté à 12 000 $ en 2005, en dollars constants.

Si les comédiens ont vu leurs revenus moyens croître de 8 % durant ces cinq ans, les comédiennes, elles, ont subi une chute de 20 % de leurs salaires en général.

Les photographes figurent aussi au palmarès des professions malmenées avec des revenus déclarés en baisse de 43 % pour les hommes et de 24 % pour les femmes.

En fait, seul le personnel de soutien dans le domaine du cinéma et de la radiotélédiffusion a vu sa condition financière s'améliorer de 11 % (hommes) à 16 % (femmes), ainsi que le personnel de la catégorie des commis de bibliothèque, d'archives, de musée et de galeries d'art (9 % et 5,7 %).

Par ailleurs, l'OCCQ a également émis des chiffres qui font état de fluctuations importantes des effectifs dans certaines professions entre 1996 et 2006. Notamment parmi les directeurs de bibliothèques, de musées et de galeries d'art, dont les effectifs ont chuté d'environ 30 %. On comptait aussi 50 % moins d'architectes paysagistes en 2006 qu'en 1996, 23 % moins de restaurateurs et de conservateurs dans les musées.

Par contre, certaines professions des milieux culturels gagnent en popularité. C'est le cas des professionnels de l'architecture, dont le nombre a crû de 36 %, des technologues en architecture (96 %) et des designers industriels, dont le nombre a augmenté de 185 %. Il semble aussi que l'on se bouscule au portillon pour être réviseur, rédacteur-réviseur et chef de service des nouvelles, puisque le nombre de professionnels dans cette catégorie a bondi de 451 % en 10 ans. Même élan pour le graphisme, dont le nombre de techniciens a augmenté de 127 % entre 1996 et 2006.

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