Birdhouse Factory à la Tohu - Prolétaires en folie

Le monde irréel de Birdhouse Factory est celui créé par Chris Lashua, un acrobate mordu de mécanique, qui s’est inspiré des univers de Chaplin et de Diego Rivera pour inventer un décor où la machinerie et les engrenages battent la mesure.
Photo: Le monde irréel de Birdhouse Factory est celui créé par Chris Lashua, un acrobate mordu de mécanique, qui s’est inspiré des univers de Chaplin et de Diego Rivera pour inventer un décor où la machinerie et les engrenages battent la mesure.

Quand les ouvriers font main basse sur l'usine, tout peut arriver. Ou presque. Avec Birdhouse Factory, un spectacle de cirque inspiré de l'univers de Charlie Chaplin, la troupe américaine Cirque Mechanics, qui s'éclate à la Tohu ces jours-ci, séduit le jeune public avec sa version revue et corrigée du travail à la chaîne.

Au départ, tout n'a pourtant pas l'air rose à la Rosebud Factory. Patron grognon et ouvriers à la mine basse se toisent du regard dans une usine grise et triste. Comme des automates, les travailleurs abattent la besogne sans mot dire. Et le patron, qui jongle avec les balles plutôt qu'avec les chiffres, n'entend pas à rire.

Ce monde irréel est celui créé par Chris Lashua, un acrobate mordu de mécanique, qui s'est inspiré des univers de Chaplin et de Diego Rivera pour inventer un décor où la machinerie et les engrenages battent la mesure.

Numéros de corde lisse réalisés sur des lampes industrielles, contorsion offerte sur un plateau pivotant actionné par des unicyclistes: cirque et mécanique font bon ménage à la Rosebud Factory.

Jusqu'au jour où un vent mutin s'empare des chaînes de montage. Un oiseau s'immisce dans l'usine, inoculant un brin de folie aux ouvriers qui boutent leur patron dehors. Le gris patron est vite remplacé par le clown du groupe, sorte de Harold Lloyd des temps modernes. Le bouffon-prolétaire séduit le public avec sa tête d'ingénu et un simple galon à mesurer, transformé en meneur de claques.

Au deuxième acte, la Rosebud Factory, métamorphosée en Birdhouse Factory, fabrique à la chaîne de jolies maisons d'oiseaux. La scène donne lieu à une reprise d'un numéro célèbre de Charlie Chaplin, étourdi par le travail en série. Des ouvriers se livrent ensuite à un tango sur une bobine géante, offrant un numéro de main à main assez réussi. Puis suit une prestation de haut vol, sur un rolo-rolo maison réalisé avec des tubes d'acier. Le tout culmine par les acrobaties d'un trio déchaîné, qui se laissent choir d'un mur de l'usine sur un trampoline.

Si l'ambiance tourne rapidement à la fête, il manque une dose supplémentaire de folie à la Birdhouse Factory pour faire complètement décoller le spectacle. Le choix musical éclectique ne sert pas toujours cette histoire rigolote, pourtant propice à tous les délires. Au total, on passe une soirée agréable en compagnie du Cirque Mechanics. Les enfants adoreront, même si l'on est loin du génie auquel nous ont habitués Les 7 doigts de la main ou le Cirque Éloize. Avouons-le, les Montréalais sont gâtés pourris. Ici, le cirque est prophète en son pays.

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- Birdhouse Factory, de Cirque Mechanics, à la Tohu du 18 décembre au 4 janvier.

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